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Trois jeunes femmes révolutionnent l’orientation professionnelle en Côte d’Ivoire

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L’une des plus grandes chimères pour le jeune diplômé aujourd’hui est à n’en point douter d’entrer dans la vie active de façon sereine. En effet, plus que les études elle-mêmes, la recherche d’emploi est devenue un véritable chemin de croix qui souvent finit par décourager les jeunes et conduire à des reconversions professionnelles assez inattendues. Fortes de ce constat, trois jeunes femmes ont décidé de travailler à proposer une solution qui répond à ce besoin. De leur collaboration est né PICK TON JOB, qui signifie choisis ton emploi en français. Qui sont elles et que proposent elles concrètement? Interview avec celles qui aujourd’hui qui nous présentent leur initiative. Une solution concrète qui aide les jeunes dans leur orientation professionnelle.

Linda, Lau et Alex, ou 3 héroïnes au service de leur communauté

1- Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs?

Linda – Je suis Linda Alla, ivoirienne vivant à Houston, Texas. Au cours de l’année 2019,J’ai obtenu mon diplôme de Bachelor en comptabilité à l’University of North Texas. Depuis un an, j’occupe un poste de comptable dans une compagnie aux USA.

Lau – Laurelle Touré, étudiante en Master 2 économie et finance, je vis à Lyon.

Alex – Je suis Alexandra Koffi, diplômée en communication marketing & événementiel et je réside en France. J’observais très attentivement le système éducatif ivoirien, ce que je continue d’ailleurs. Je me suis rendue compte d’un manque d’information et d’orientation des  jeunes après l’obtention du baccalauréat. J’ai aussi remarqué une complaisance quant à la filière (souvent saturée car tous y vont) choisie car préconisée par un membre de la famille. Passionnée par la communication et la publicité, je me suis énormément documentée et j’ai eu la possibilité de choisir ce que je voulais faire.

2-Pourquoi vous êtes-vous lancées dans ce projet? Quelle a été votre motivation?

Linda: L’idée de créer la plateforme Pick Ton Job découle du fait que j’ai eu un parcours universitaire assez particulier. Ayant obtenu un Baccalauréat – série littéraire, je me suis directement tournée vers le droit. J’ai passé mes deux premières années de Licence à l’Université Catholique d’Afrique de l’Ouest avant de m’envoler pour les USA ou j’ai eu la chance d’avoir des conseillers pour me guider et m’expliquer la particularité de chaque filière qui s’offrait à moi. J’ai aussi été en contact avec des professionnels qui ont partagé leurs expériences du monde du travail. J’ai décidé de changer complètement de filière et de me réorienter vers la comptabilité. J’en suis ressortie avec un diplôme en poche.

Lau: Ma participation à l’idée vient du fait que j’ai perdu assez de temps avant de trouver ma voie parce que je n’étais pas assez informée sur les formations et débouchés de l’enseignement supérieur.

Alex: Ayant toujours ressenti ce besoin d’impacter positivement la société mais surtout les jeunes, il était temps de mettre en place cette initiative, Pick Ton Job est donc né dès cet instant !

PICK TON JOB, qu’est-ce que c’est?

3- Qu’est-ce exactement Pick ton Job? Et que proposez-vous à votre communauté?

C’est une plateforme ivoirienne d’orientation et de mise en relation entre professionnel.les, lycéen.nes et étudiant.es. Le but de Pick Ton Job est de:

  • révolutionner l’orientation professionnelle des jeunes ivoiriens;
  • combattre la désillusion dont fait face la majorité des élèves à la sortie du lycée et à la fin des études universitaire
  • faire découvrir d’autres secteurs de métiers souvent méconnus

4- Comment ça marche?

Au travers de cette plateforme, les élèves et étudiants ont la possibilité de rencontrer un professionnel (physiquement ou virtuellement) en prenant gratuitement rendez-vous sur le site www.picktonjob.com. Aujourd’hui, nous voulons faire connaître la plateforme afin qu’elle devienne un véritable outil d’orientation et de référence pour les jeunes en Côte d’Ivoire. Nous invitons donc les élèves et étudiants à nous suivre sur nos différents médias sociaux. L’équipe de Pick Ton Job sollicite également l’aide de professionnels qui souhaitent une amélioration du système éducatif ivoirien à participer à ce projet innovant en donnant de leur temps.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Sans-titre.png.

Facebook: https://www.facebook.com/picktonjobci/

Instagram: https://www.instagram.com/picktonjob/

LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/pick-ton-job/

Alors qu’attendez vous? Votre futur emploi vous attend. On aime et on partage pour donner plus de chance à tout le monde. En plus de nombreuses astuces vous y attendent. Nous ne pouvons que féliciter les conceptrices.

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Izabella Maya, l’humour comme arme

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Dans quelques jours se tiendra à Abidjan, la grande messe de la culture ivoirienne et régionale, le Masa (Marché des Arts et du Spectacle Africain). Parmi les artistes présents nous avons découvert Izabelle MAYA, une jeune femme franco Ivoirienne qui a choisit comme catégorie l’humour, ou comme arme dirons nous.

En effet, par son art et son talent elle a choisi de déconstruire les stéréotypes à l’endroit des migrants et des sans papiers en Europe. Ces personnes parfois trop stigmatisées à tort du fait de leur vulnérabilité et de leur précarité. C’est à n’en point douter un engagement fort. Surtout quand il émane d’une femme. Sans relâche, elle harangue les scènes avec son spectacle Origine non contrôlée qui justement met en scène avec brio la réalité de la migration avec pour premier rôle une femme.

Izabella est une femme engagée sur plusieurs fronts et associations qui militent pour les sans papiers ou encore pour ceux qui n’ont pas la chance de passer l’hivers au chaud. Son rêve, contribuer du mieux qu’elle peut à l’émergence d’une société plus juste, équitable et égalitaire.

Et pourtant rien ne laissait présager d’un tel parcours. En effet, c’est une tête pleine en plus d’être bien faite. Titulaire d’un double master en Droit et en Communication, elle commence à exercer dans un cabinet d’avocat avant de tomber amoureuse de la comédie. Passionnée, elle décide de suivre ce chemin. Car selon, elle l’essentiel dans la vie est de faire ce que l’on aime de sorte à ne pas avoir l’impression de travailler.

Au quotidien, elle se bat personnellement contre le racisme et le sexisme qui se mêlent dans son métier. Elle fait partie du très peu de femmes qui ont embrassé ce métier et croit fortement que cette condition ne saurait freiner quiconque en est capable. Alors il faut parfois se battre contre les rôles de genre et même de couleur.

Convaincue qu’elle peut et doit aider les femmes et les filles à embrasser cette carrière, elle prévoit un jour revenir apprendre aux passionnées comme elle l’art du théâtre et de la scène.

Izabella est un personnage haut en couleur et pleine de ressources qui mérite d’être connue et promue. Elle s’inscrit dans la nouvelle génération d’humouristes afrcaines qui revalorisent et redorent le blason de notre continent.

Elle se produit le 8 mars 2020 au yelam’s à treichville Abidjan et le 13 mars au palais de la Culture d’Abidjan. A 18h00 GMT pour les deux dates. C’est à dessein qu’elle a choisi la date du 8 mars comme symbole de son combat pour la cause féminine.

Retrouvez la sur les réseaux sociaux et n’hésitez pas à la suivre. Une véritable héroïne.

facebook https://web.facebook.com/isabellamaya2

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Constantine Kouadio: Portrait d’une HEROÏNE Acharnée.

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Il y’a quelque chose dans la persévérance qui finit par obliger le destin. Certains l’appellent la foi, nous dirons le courage, et c’est sans doute un peu des deux. Cette chose, quelle qu’elle soit, Constantine Kouadio la possède assurément et en a fait une arme. Qu’est ce qui en effet prédestinait une victime de la guerre à devenir une cheffe d’entreprise prospère, une femme politique accomplie mais surtout une femme au leadership exacerbé qui aujourd’hui est en train de réussir le pari de l’autonomisation de la femme rurale? Découvrons ensemble le portrait de l’Héroïne de Djékanou (Ndlr: région du centre de la Côte D’Ivoire).

Meneuse de Femmes

Lorsqu’éclate la guerre civile ivoirienne du feu qu’a attisé la guerre de 2002, Constantine était secrétaire dans une pharmacie de Bouaké (Ndlr: 2e plus grande ville de la Côte d’Ivoire). Ce climat délétère l’a contrainte sa famille et elle de retourner dans sa ville natale de Djékanou. Au chômage et sans ressources, elles réussit à convaincre sept de ses amies pour acquérir un lopin de terre pour former l’association ASCAFED ou Association Canaan des Femmes de Djékanou. Si l’objectif premier de la culture de leur plantation était de fournir des repas aux élèves de l’école locale, elle réussit néanmoins à faire réinvestir leurs bénéfices . De ces débuts modestes, est née une activité prospère qui s’est étendue à la production de miel, de thé et de theck.

Actrice de Développement Infatigable

Bien qu’elle pouvait se limiter à ce groupement de femmes, Constantine Kouadio voit grand et même très grand. Pour ses femmes devenues nombreuses, elle veut le meilleur. Ainsi elle se donne pour mission de convaincre la société OLAM qui opérait déjà dans la région voisine de Toumodi de mettre en place une unité de décorticage à Djékanou qui sera gérée par celles qu’elle appelle ses sœurs.

Si la proposition n’a pas au préalable trouvé bon écho auprès de l’entreprise agro industrielle, rien et encore moins le scepticisme d’OLAM n’a pu venir à bout de sa détermination. Si bien que l’Usine finit par ouvrir ses portes à Djékanou avec 50 personnes employées. Un chiffre qui a fini par croitre incessamment jusqu’à atteindre 300 dont 255 femmes. Constantine a permis d’accroitre les productions de l’usine en favorisant l’acquisition des terres. Elle a catalysé l’économie de cette petite ville. Et en a fait une ville pleine de ville, et ou l’immobilier est en croissance.

TALITAKUM: Jeune fille LEVES TOI!

En 2018, ASCAFED a donné naissance à la Société à responsabilité limitée TALITAKUM qui signifie selon la Bible: Jeune Fille lèves toi! Un nom qui colle bien à l’injonction de Constantine envers les femmes qu’elle exhorte à prendre par les cornes le taureau de leurs émancipations. Grâce à elle des femmes s’occupent pleinement de leurs enfants et disposent même d’une crèche qui leur permet de travailler et de veiller sur leurs progénitures. Elle favorise l’insertion professionnelle des femmes à fort potentiel même lorsqu’elles sont sans diplômes. En contrepartie, elle leur donne la chance de l’alphabétisation. Elle donne aussi la chance à des étudiants en vacances de venir travailler pour préparer leurs rentrées.

Des Défis au quotidien

Il n’existe aucun combat qui ne comporte pas de défis et Constantine doit en relever constamment. Il faut noter celui de l’éloignement des terrains qui rend périlleux l’acheminement des produits (les femmes ont vu se perdre jusqu’à 15 hectares de manioc non écoulés), à cela s’ajoutent les problèmes d’irrigation des sols. Il faut songer à pratiquer le goutte à goutte, une technique salutaire mais qui demande encore plus de moyens et de travail. Elle veut aussi arriver à produire en contre saison ce que le réchauffement climatique rend difficile à tous égards.

Le développement de notre pays ne peut se faire sans des femmes exceptionnelles comme Constantine Kouadio. Des femmes qui portent à bout de bras les problèmes de leurs communautés et qui œuvrent à créer une nouvelle génération de leaders féminines. Nous disons merci à OLAM Côte d’Ivoire qui a su faire de ce partenariat un partenariat gagnant.

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NELLIE BLY, LA PREMIÈRE JOURNALISTE D’INVESTIGATION

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Elizabeth Jane Cochrane, connue sous le nom de Nellie Bly (1864- 1922) est une pionnière du journalisme d’investigation. Elle est également la première femme à avoir accompli un tour du monde sans être accompagnée d’un homme (à la différence de Jeanne Barret un siècle plus tôt).

Son père Michael Cochran meurt lorsque Elizabeth n’a que six ans, et sa branche de la famille est expulsée. Pour retrouver une situation, Mary se remarie trois ans plus tard mais son nouvel époux est alcoolique et violent et doit divorcer. Devant les difficultés financières que connaît sa famille, Elizabeth sait qu’elle doit travailler.

Sa situation la destine à devenir gouvernante ou demoiselle de compagnie, mais elle rêve d’autre chose. Littéraire, elle écrit déjà des poèmes et des histoires à l’âge de 16 ans. Elle entre à l’Illinois Normal School pour devenir institutrice mais, faute d’argent pour payer sa formation,  doit abandonner au bout d’un semestre.

En 1880, la famille s’installe à Pittsburgh et Elizabeth y aide sa mère à gérer un pensionnat. En janvier 1885, elle lit dans le journal Pittsburgh Dispatch un article intitulé « Ce à quoi sont bonnes les jeunes filles », admonestant les jeunes filles qui poursuivent des études, appelant les femmes qui travaillent des « monstruosités » et les enjoignant à ne pas quitter le cercle du foyer et des tâches ménagères. Furieuse, Elizabeth écrit au rédacteur en chef George Madden une lettre bien sentie qu’elle signe « Lonely orphan girl » (L’orpheline solitaire). Elle y écrit notamment : « Gather up the real smart girls, pull them out of the mire, give them a shove up the ladder of life, and be amply repaid. » (Rassemblez les filles intelligentes, sortez-les de la bourbe, aidez-les à grimper l’échelle de la vie et soyez-en amplement récompensés). La lettre est si bien tournée que non seulement George Madden la publie, mais il offre un poste à Elizabeth. De crainte que sa plume acérée et sa condition de femme travaille fasse tort à sa famille, il incite la jeune journaliste à écrire sous pseudonyme : ce sera Nellie Bly, d’après une chanson de Stephen Foster.

Les premières enquêtes dans le monde ouvrier

Nellie Bly par Bettmann/CORBIS
Nellie Bly © Bettmann/CORBIS

Nellie effectue ses premières investigations dans des usines et fabriques, où elle enquête sur le monde ouvrier en se faisant engager pour vivre elle-même ce qu’elle dénonce. Son premier reportage rapportant la dureté et la dangerosité des conditions de travail des ouvrières dans une fabrique de conserves, photos à l’appui, fait un tabac. Mais ses enquêtes à charge alarment les industriels qui font pression sur le Pittsburgh Dispatch et, malgré les ventes supplémentaires qu’elle apporte au journal, elle se voit rapidement cantonnée aux rubriques art, théâtre et jardinage.

Insatisfaite, Nellie part alors en voyage avec sa mère pour six mois au Mexique. Elle en tire des articles de plus en plus critique sur le gouvernement mexicain. Après avoir dénoncé l’arrestation d’un journaliste, elle se voit contrainte de quitter le payer sous peine d’être elle-même arrêtée. Le Pittsburgh Dispatch continue à la cantonner à la mode et au jardinage quand elle veut traiter des sujets sociaux et, en 1887, Nellie Bly quitte Pittsburgh pour se rendre à New York. Là, elle assiège pendant plusieurs heures le New York World de Joseph Pulitzer, qui finit par accepter de la recevoir et lui promet un poste si elle lui livre un reportage sur un asile.

Nellie s’entraîne toute la nuit. Le lendemain matin, les médecins la déclarent folle et la font internet au Blackwells Island Hospital à Roosevelt Island. Elle y reste dix jours, et en tire un reportage à charge contre l’asile, dénonçant des conditions de vie et d’hygiène désastreuses et des méthodes et traitements cruels. Son récit, Ten Days in a Mad-House, connaît un retentissement fracassant et entraîne un changement des pratiques. Elle y écrit notamment :

« What, excepting torture, would produce insanity quicker than this treatment? Here is a class of women sent to be cured. I would like the expert physicians (…) to take a perfectly sane and healthy woman, shut her up and make her sit from 6 a.m. until 8 p.m. on straight-back benches, do not allow her to talk or move during these hours, give her no reading and let her know nothing of the world or its doings, give her bad food and harsh treatment, and see how long it will take to make her insane. Two months would make her a mental and physical wreck. « 
(A part la torture, qu’est-ce qui pourrait produire la folie plus rapidement que ce traitement ? Voilà des femmes envoyées pour être soignées. Je voudrais que les médecins experts (…) prennent une femme saine de corps et d’esprit, la fassent taire et asseoir de 6 heures du matin à 8 heures du soir sur un banc, qu’ils ne l’autorisent pas à parler ou à bouger pendant tout ce temps, qu’ils ne lui donnent aucune lecture et aucune nouvelle du monde, qu’ils lui donnent de la mauvaise nourriture et de mauvais traitements, et qu’ils voient en combien de temps elle devient folle. Deux mois feraient d’elle une épave physique et morale.)

Le Tour du monde en 80 jours

Nellie Bly

 Par la suite, Nellie utilisera à plusieurs reprises cette technique d’infiltration pour mener ses enquêtes. En 1887, elle infiltre l’entourage d’un trafiquant qui sera traduit en justice après son reportage. En 1888, seize ans après la parution du Tour du monde en 80 jours de Jules Vernes, elle émet l’idée d’effectuer elle-même un tour du monde sur les traces de Phileas Fogg. Dans un premier temps, le New York World estime qu’elle n’en sera pas capable et refuse, et ce n’est qu’un an plus tard qu’elle se met en route.

Le 14 novembre 1889, Nellie part du New Jersey sur l’Augusta Victoria, qui la mène en Angleterre. En France, elle rencontre Jules Verne à qui elle fait bonne impression. Elle poursuit ensuite son voyage en train, en montgolfière, en bateau, passant par l’Italie, l’Egypte, la Chine, Singapour, Hong Kong, le Japon…

A chaque étape, Nellie envoie des récits de son aventure qui font sensation. Elle boucle son tour en revenant à Jersey City le 25 janvier 1890, en 72 jours, devenant la première femme à réaliser un tour du monde sans être accompagnée d’un homme.

A l’annonce de son succès, Jules Vernes fera publier dans l’Écho de la Somme :

«  Amiens, 25 janvier
Jamais douté du succès de Nellie Bly, son intrépidité le laissait prévoir.
Hourra ! Pour elle et pour le directeur du World !
Hourra ! Hourra !  »

Les affaires

Nellie Bly par Bettmann/CORBIS
Nellie Bly © Bettmann/CORBIS

Au New York World, Nellie poursuit ses investigations et publie des articles engagés sur des questions de société, s’attaquant à la corruption de la classe politique et s’attachant toujours autant aux conditions de vie des ouvriers et des femmes. Elle rencontrera et interviewera notamment les militantes Emma Goldman et Susan B. Anthony. A cette période, cependant, son frère décède et Nellie décide de se charger de sa veuve et de ses orphelins ; elle se retrouve alors en situation financière délicate. En 1895, elle surprend tout le monde en épousant le vieux millionnaire Robert Seaman, de 42 ans son aîné.

Peu à peu, Nellie s’éloigne du journalisme et s’implique de plus en plus dans la gestion de la fabrique de bidons métalliques de lait de son époux. Elle crée même un nouveau type de bidons. A la mort de Robert en 1904, elle prend les rênes de l’affaire et offre des conditions de vie uniques à l’époque à ses ouvriers : meilleurs salaires, assurance santé, création de centres de loisirs et de bibliothèques pour les ouvriers… Mais sa gestion des affaires ne permet pas de les maintenir à flot, et elle doit vendre les usines en 1914.

« La meilleure journaliste d’Amérique »

Pendant la Première guerre mondiale, Nellie s’installe au Royaume-Uni et y devient correspondante de guerre pour le New York Evening Journal. Elle y assiste également au combat des suffragettes, qu’elle suit de près et dont elle prédit qu’elle seront rapidement suivies aux Etats-Unis. Après l’armistice, Nellie rentre à New York et y poursuit son travail de journalisme d’investigation sur ses thèmes de prédilection : monde ouvrier, monde politique, condition féminine. Elle s’investit également en faveur du droit de vote des femmes.

Nellie Bly meurt le 27 janvier 1922 d’une pneunomie. Le lendemain, la presse annonce la mort de « la meilleure journaliste d’Amérique ».

Liens utiles

Page Wikipédia de Nellie Bly
Nellie Bly Online (anglais)
Nellie Bly, journaliste
Little Orphan Nellie (anglais)
Young and brave, girls changing history : Nellie Bly (anglais)

source:
https://histoireparlesfemmes.com/2016/11/28/nellie-bly-la-premiere-journaliste-dinvestigation/

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Ndaté Yalla (Ndieumbeutt) Mbodj: LE CAUCHEMAR DES COLONS

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En 1855, les Français arrivent sur la côte sénégalaise dans l’espoir de la coloniser, ils se heurtent à la résistance d’une femme. Postée sur son trône, le visage altier et le corps opulent, elle fume sa longue pipe. Autour d’elle, plus de 500 femmes richement vêtues et une gigantesque armée lui obéissent au doigt et à l’œil. Elle connaît bien ces envahisseurs – sa famille, les Tédiek, s’est enrichie grâce à leur long règne et aux nombreux échanges avec les comptoirs français – et elle est prête à prendre les armes pour défendre ce qui est à elle.

Ndaté Yalla Mbodj est la dernière grande Linguère du Waalo, royaume du Nord-Ouest du Sénégal.
En langue sérère et wolof, linguère signifie reine ou princesse, c’est le titre attribué à la mère ou à la sœur du souverain. Et il n’était pas rare que l’une d’elles accède au trône. Les Linguères étaient donc préparées à diriger leur peuple, politiquement et militairement. Elles étaient formées pour gérer le royaume d’une main de fer ainsi que pour trancher les affaires internes et les problèmes du quotidien. Elles étaient surtout éduquées au métier de la guerre et au maniement des armes. Le courage est un trait dont elles héritèrent de génération en génération. Et Ndaté Yalla a en elle le tempérament fier de sa mère, la Linguère Fatim Yamar. Elle se souvient encore de sa mort.

À la mort de sa sœur, Ndaté Yalla accède au trône. Elle fait tomber tous ses ennemis et se plaît à défier les Français, à qui elle rappelle sans cesse leur condition d’étrangers sur ses terres. Ne se fiant pas aux visages amicaux et commerciaux que les hommes blancs laissent paraître, elle écrit continuellement à l’administrateur Faidherbe pour lui faire renoncer à toute envie de conquête. En 1851, elle lui envoie une missive : « Le but de cette lettre est de vous faire connaître que l’Ile de Mboyo m’appartient depuis mon grand-père jusqu’à moi. Aujourd’hui, il n’y a personne qui puisse dire que ce pays lui appartient, il est à moi seule.
Ndaté se considère comme la seule souveraine du Royaume du Waalo et n’hésite pas une seconde à livrer des batailles acharnées aux Français qui oseraient défier sa légitimité royale. Elle va jusqu’à piller les environs de Saint-Louis pour narguer Faidherbe et lui rit au nez quand il réclame un remboursement des dommages causés.
Le poussant toujours un peu plus à bout, elle fait prévaloir ses droits sur les îles de Mboyo et de Sor, l’actuelle ville de Saint-Louis, et fait interdire tout commerce avec les français. Ces derniers n’en peuvent plus de son audace. Faidherbe rassemble toutes ses troupes et lance l’attaque contre le royaume insoumis, qui cette fois tombe sous les coups ennemis. Admiratif de la bravoure de la Linguère Ndaté Yalla, Faidherbe emmène le fils de la reine vaincue afin de le scolariser à l’école des otages de Saint-Louis. Mais Sidiya, 10 ans, a déjà reçu l’éducation trempée dans la fierté nationale de sa mère et refuse tout contact avec l’ennemi. Faidherbe le baptise Léon, fait de lui son filleul et l’envoie étudier au lycée impérial d’Alger, espérant que l’éloignement de sa terre natale assouplira son esprit, le rendant ainsi plus docile. En vain. Jusqu’à sa mort, le fils de la dernière Linguère défiera les français, refusant coûte que coûte de parler la langue des colons et de porter leurs vêtements. A ce jour, Ndaté Yalla Mboj, la rebelle, reste encore une des figures emblématiques.

(Statue de la Linguère Ndate yalla dans le Nord du Sénégal)


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