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Izabella Maya, l’humour comme arme

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Dans quelques jours se tiendra à Abidjan, la grande messe de la culture ivoirienne et régionale, le Masa (Marché des Arts et du Spectacle Africain). Parmi les artistes présents nous avons découvert Izabelle MAYA, une jeune femme franco Ivoirienne qui a choisit comme catégorie l’humour, ou comme arme dirons nous.

En effet, par son art et son talent elle a choisi de déconstruire les stéréotypes à l’endroit des migrants et des sans papiers en Europe. Ces personnes parfois trop stigmatisées à tort du fait de leur vulnérabilité et de leur précarité. C’est à n’en point douter un engagement fort. Surtout quand il émane d’une femme. Sans relâche, elle harangue les scènes avec son spectacle Origine non contrôlée qui justement met en scène avec brio la réalité de la migration avec pour premier rôle une femme.

Izabella est une femme engagée sur plusieurs fronts et associations qui militent pour les sans papiers ou encore pour ceux qui n’ont pas la chance de passer l’hivers au chaud. Son rêve, contribuer du mieux qu’elle peut à l’émergence d’une société plus juste, équitable et égalitaire.

Et pourtant rien ne laissait présager d’un tel parcours. En effet, c’est une tête pleine en plus d’être bien faite. Titulaire d’un double master en Droit et en Communication, elle commence à exercer dans un cabinet d’avocat avant de tomber amoureuse de la comédie. Passionnée, elle décide de suivre ce chemin. Car selon, elle l’essentiel dans la vie est de faire ce que l’on aime de sorte à ne pas avoir l’impression de travailler.

Au quotidien, elle se bat personnellement contre le racisme et le sexisme qui se mêlent dans son métier. Elle fait partie du très peu de femmes qui ont embrassé ce métier et croit fortement que cette condition ne saurait freiner quiconque en est capable. Alors il faut parfois se battre contre les rôles de genre et même de couleur.

Convaincue qu’elle peut et doit aider les femmes et les filles à embrasser cette carrière, elle prévoit un jour revenir apprendre aux passionnées comme elle l’art du théâtre et de la scène.

Izabella est un personnage haut en couleur et pleine de ressources qui mérite d’être connue et promue. Elle s’inscrit dans la nouvelle génération d’humouristes afrcaines qui revalorisent et redorent le blason de notre continent.

Elle se produit le 8 mars 2020 au yelam’s à treichville Abidjan et le 13 mars au palais de la Culture d’Abidjan. A 18h00 GMT pour les deux dates. C’est à dessein qu’elle a choisi la date du 8 mars comme symbole de son combat pour la cause féminine.

Retrouvez la sur les réseaux sociaux et n’hésitez pas à la suivre. Une véritable héroïne.

facebook https://web.facebook.com/isabellamaya2

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Avant que l’or n’arrive…

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Je me nomme  Moayé-Blâ, ce qui signifie dans mon ethnie celle qui porte la chance. Je suis une fille de 10 ans originaire du centre d’un pays qu’on appelle la Côte d’Ivoire. Je suis aussi élève en classe de CM1 à l’école primaire de mon village qui se nomme Boblénou.

Dans quelques jours, nous allons recevoir des amis venus d’Europe et  qui ont été pendant des années nos correspondant.e.s virtuel.e.s. De ce fait, l’institutrice nous a donné.e.s comme tâche de leur conter  notre région.

Je sais que bon nombre d’entre nous parleront des multiples fêtes traditionnelles, ou encore de la royauté, ce qui est très bien. Je pense que j’aimerais plutôt parler de ce qu’on a perdu et risquons encore de perdre dans l’avenir.

Mon exposé s’intitulera Avant que l’or n’arrive ;

Je vous le livre.

Mon peuple a une tradition aurifère très grande. C’est-à-dire qu’il est très attaché à l’or. L’or rythme nos réjouissances ou nos moments de tristesse. L’Or couronne nos rois et marie nos femmes. Il est le symbole de notre pouvoir et de la grandeur de notre peuple.

C’est donc  à raison si vous vous demandez donc pourquoi ce titre.

Même si traditionnellement l’or était déjà présent chez nous, depuis quelques années, il est exploité à grande échelle de façon artisanale et à des fins commerciales.
En effet, il ya un peu plus d’une décennie, selon l’histoire que me raconte chaque soir mon grand père,  des hommes sont venus par petits groupes. Ils ont obtenu l’autorisation du roi de rester parce qu’ils demandaient un lopin de terre pour se nourrir.  Et chez nous on ne refuse pas l’aide à celui qui est dans le besoin.

Mais, de plus en plus, nous remarquions que leur attitude devenait étrange. Ils travaillaient de nuit, loin des regards. Si bien qu’au fil du temps, par petits groupes, d’autres hommes arrivaient et se mêlaient à eux.

Il a fallu mener des enquêtes minutieuses pour découvrir qu’ils faisaient de  l’orpaillage clandestin et illégal.

L’orpaillage illégal est l’extraction de l’or en dehors des autorisations de la loi.  De ce fait, il est alors clandestin. C’est en tout cas ce que j’ai lu dans mon dictionnaire Larousse.

Selon mon dictionnaire : « Est clandestin.e : ce  qui se fait en secret, en cachette et qui  est en contravention avec les lois et règlements ; se dérobant à la surveillance ou au contrôle de l’autorité[1] ».

Ces pratiques marquaient pour nous le début d’un long et douloureux calvaire. Car pour pouvoir extraire l’or, les orpailleurs utilisent des produits très dangereux qui se répandent et contaminent les plantes, le sol et  l’eau, si bien que nous les enfants ne pouvons plus sortir nous baigner comme avant.  Pire encore, les récoltes se sont faites de plus en plus rares.

En effet, Ces  produits chimiques que sont le mercure et le cyanure érodent les sols, lui causant infertilité et pollution. L’activité aurifère a un impact aussi bien sur la faune que sur la flore, ainsi que sur les ressources en eau. Ainsi, l’on a commencé à retrouver de plus en plus de poissons morts et flottants dans les eaux des rivières. Certains d’entre nous ont essayé de le consommer mais il y eu une intoxication alimentaire. C’est le terme qu’a employé l’infirmier du village. Notre petit centre de santé pour une fois refusait du monde. 

 Tout le monde pensait  que c’était une malédiction des ancêtres. Alors, une équipe composée  de chercheurs des Nations unies et du gouvernement a expliqué aux habitants de ma région après plusieurs enquêtes que les cours d’eau avoisinant sont souvent pollués, et la nappe phréatique menacée par les huiles usagées des moteurs et les produits chimiques (les piles usagées abandonnées au fond des puits contenant du manganèse ou plomb).

Cela signifie qu’il nous sera de plus en plus difficile d’obtenir de l’eau potable pour notre consommation. Et qu’on n’aura de moins en moins de poissons pour les repas. Nous le constations déjà … D’ailleurs, les puits se sont tour à tour asséchés et les filles désertent l’école pour trouver de l’eau à la suite de leurs mamans.

Nous perdons aussi notre petite clairière. Notre petit oasis de paradis. Le lieu de rencontre de beaucoup de couples des temps de nos parents. Car, à la recherche de l’or, les orpailleurs s’avancent de plus en plus loin. Ils sont armés et nous ne pouvons rien faire contre eux. Dans notre impuissance,  nous assistons au déboisement et à la déforestation. la jolie verdure a fait place à du sable rougeoyant à perte de vue. Les plus jeunes enfants et les vieilles personnes tombent malades et meurent  à cause de  la pollution de l’air par la poussière et le monoxyde de carbone. Car ils sont les plus fragiles et le centre de santé est encore trop mal équipé pour les sauver.

Bientôt, il nous sera difficile de vivre de la chasse parce que les animaux et les petits rongeurs fuient le désastre.

Nous vivons dans la peur constante de devoir quitter notre village car la sécurité alimentaire et l’environnement restent constamment menacés par les orpailleurs. J’ai vu à la télévision de la place du village que le gouvernement se bat contre le fléau de l’orpaillage clandestin. Nous espérons qu’il trouvera la solution très vite afin de sauver ce qui nous reste mais aussi de pouvoir reboiser nos forêts et retrouver l’équilibre écologique de notre village. La dernière fois j’ai même aperçu parmi les orpailleurs des enfants filles et garçons du même âge que moi. Cela me fait de la peine qu’ils ne puissent pas être à l’école comme nous.

https://www.google.com/imgres?imgurl=https%3A%2F%2Fcdn.yeclo.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2019%2F06%2Fcropped-Orpailleurs-clandestins.jpg&imgrefurl=https%3A%2F%2Fwww.yeclo.com%2Ftabou-mise-en-place-dun-comite-de-lutte-contre-lorpaillage-clandestin%2F&tbnid=y3TX2DZtTYpmSM&vet=12ahUKEwim36jG6_fnAhVMexoKHYbgAksQMygLegUIARDjAQ..i&docid=WCgwRPRTiGYVWM&w=927&h=521&q=orpaillage%20clandestin%20cote%20divoire&ved=2ahUKEwim36jG6_fnAhVMexoKHYbgAksQMygLegUIARDjAQ

Dans l’espoir que mes propos vous ont aidés à connaitre nos réalités, même si elles ne sont pas toujours festives et pittoresques, elles méritent d’être connues.

NB : j’ai aussi lu que chez vous des personnes nommées activistes se battent pour des causes et s’engagent pour l’environnement. J’espère que vous m’en direz davantage.

                Moayé-Blâ, 10 ans (qui souhaite devenir activiste pour l’environnement),

CM1, Epp Boblénou


[1] https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/clandestin/16343

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FéminismeSociete

La lutte féministe, cette mal-aimée.

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La femme , cet individu, juridiquement, psychologiquement, socialement marginalisé. Les conditions des femmes dans cette société moderne continuent d’inquiéter malgré quelques avancées, les inégalités recensées dans leur émancipation sont toujours d’actualité. La montée des mouvements féministes qui laisse entrevoir un bras de fer entre le ‘’chef’’ et ‘’l’insoumise.’’

Toutes les luttes sont des mal-aimées. Elles paraissent dans l’esprit de ceux qu’elles dérangent comme un moyen de semer le trouble dans une société déjà bien ficelée. Elles n’éveillent donc point les consciences comme peuvent se targuer ses tenants.

La lutte féministe dans une société phallocrate ne peut de ce fait qu’être mal-aimée. La devise de la phallocratie étant la soumission de la femme à l’homme qui s’érige alors en chef suprême de la société, le féminisme pourrait apparaître comme une forme de rébellion de cette gente à l’ordre ordonné des choses naturelles.

Par conséquent, prononcer le mot féminisme revient à braquer l’esprit de plus d’un. Cela pourrait se comprendre dans la mesure où leur compréhension de la lutte féministe est erronée. Ce cliché qui fait du féminisme une criminalisation stricto sensu des hommes par les femmes. Ce n’est pas une guerre entre les hommes et les femmes comme on peut le croire du fait du message mal véhiculé par certaines méthodes des mouvements féministes mais en toutes luttes , on dénote des travers.

Des hystériques, des fautrices de trouble, des hypocrites, des aigries, des anti-hommes, tant d’étiquettes qui collent à la peau des féministes. Les droits des femmes marchent encore à reculons, on peut vérifier cela avec les nouveaux débats sur les féminicides ou de l’I.V.G qui refont surface. Comment ne pas devenir hystériques lorsque les droits des femmes sont sans cesse bafoués ? Tout cela montre que les mouvements féministes ont encore du pain sur la planche et doivent continuer à faire preuve de témérité car les lois ont tendance à être de plus en plus rétrograde lorsqu’il est question de la condition des femmes.

Bien que certains mouvements sont accusés d’être en déphasage avec la réalité , le féminisme, en réalité, n’est qu’un autre visage, des droits auxquels aspirent les femmes. Ce Droit qui depuis le début ne s’acquiert que par la conquête. Cette lutte ne fait que montrer du doigt les dispositifs judiciaires pauvres et la mise en place d’un arsenal juridique et sociale à la traine en ce qui concerne les droits des femmes. Toutes ces carences qui alimentent la spirale mortifère qui s’accentue depuis des décennies. Le féminisme ne veut que faire passer définitivement la femme, de son statut d’objet à celui d’individu à part entière. Elle veut juste une réduction des disparités entre les hommes et les femmes. Bien loin de ne se focaliser que sur les échecs de certaines sociétés, il est soulageant de trouver de bons élèves dans la pratique des droits de la femme, ce qui continue de maintenir l’espoir dans la lutte.

Par KONE Manuella Kati

Retrouvez Manuella sur facebok : https://web.facebook.com/munkatedexter

Toutes les luttes sont des mal-aimées!!!!

KONE Manuella Kati
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FéminismeSociete

Fiche de lecture_Le Couteau Brûlant

couteau brulant

Donner la voix aux victimes des mutilations génitales féminines, briser le silence qui enveloppe la douleur de ces millions de filles et femmes à travers le monde. Quoi de mieux qu’un récit, une histoire, d’un témoignage… pour y parvenir?

Le couteau brûlant, métaphore trouvée -à juste titre- pour désigner l’arme qui pourfend, qui arrache, qui mutile, est l’histoire de Safiatou dépeinte à travers le temps.

A l’occasion d’un exercice scolaire Safiatou, une jeune lycéenne se retrouve obligée d’affronter la partie la plus sombre de son histoire, celle où elle a perdu une partie d’elle au nom de la tradition. Elle qui croyait y échapper après la mort de Nawa son aînée (dans la tradition de l’excision), et de la fuite de l’exciseuse, se retrouve bien obligée d’affronter l’épreuve qui devrait faire d’elle une FEMME. Elle qui n’avait que 8 ans devait choisir entre l’opprobre d’avoir “une lance entre les jambes” ou faire la fierté de toute sa famille. La fierté elle l’a éprouvée pourtant, devant son village. Comment aurait elle pu savoir le mal que c’était? Sa grand-mère l’avait rassurée. Et pourtant des années plus tard sa fierté devenait un fardeau, une honte, une anomalie.

C’est avec émotion que l’auteure nous transporte d’une chambre d’adolescente au bois sacré où se déroule le terrible rituel. Avec elle nous nous posons la même question, ces parents qui font subir cette épreuve à leurs filles sont ils des monstres? Ou simplement des personnes qui sont persuadées que le bonheur de leur progéniture passe par cette étape?

Une chose est certaine, l’excision est néfaste et doit disparaître. Car en plus de leur arracher leurs chairs , elle prend aux femmes leurs vies, et parfois font de la maternité une épreuve insoutenable. C’est quand bien sûr elles sont chanceuses de procréer. Ce fut le cas de Safiatou.

Et pourtant, au travers de sa souffrance, Safiatou a trouvé la force se battre pour elle, mais aussi pour les autres. Ce qu’elle découvre est atroce, les filles se font maintenant exciser au premier âge, parfois dès leur naissance…

Le couteau brûlant est une oeuvre militante, courageuse et de toute beauté. Car si l’excision semble relever d’une autre époque, elle perdure au nom de traditions solidement ancrées. Un cri de coeur, un appel à l’aide pour un monde meilleur.

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LA PROTECTION DE LA FEMME ENCEINTE EN DROIT SOCIAL

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Longtemps considérées comme des « incapables majeures », les femmes ont du mal à se positionner professionnellement, non pas parce qu’elles sont incompétentes du point du vue professionnel, mais simplement parce qu’elles sont des femmes.  Leur état de grossesse ne vient pas pour arranger la situation car certaines personnes voient la grossesse comme une maladie, pis d’autres la voient comme un handicap. De ce fait, l’état de grossesse de la femme enceinte était un frein à son épanouissement professionnel jusqu’à la reconnaissance de ses droits.

A l’ère de la mondialisation, et surtout du numérique où nous découvrons pour certains et acceptons pour d’autres que les femmes ont joué et continuent de jouer un rôle important dans la construction et l’émergence de notre monde, il est impératif pour chaque société de faire face à la réalité et de reconnaître les droits de la femme.

Le législateur ivoirien, ne voulant rester en marge et conscient que l’émergence même depuis son genre grammatical est « une femme » fait ce qu’il faut pour reconnaître les droits de la femme à tous les niveaux.

Pour ce faire, au niveau du droit social, il a décidé de protéger les droits des femmes en général et des femmes enceintes en particulier en consacrant plusieurs articles de la loi n°2015-532 du 20 juillet 2015 portant code du travail à cette protection.

Pour une meilleure compréhension, je procéderai par un questionnaire.

  • L’état de grossesse d’une femme peut-il lui être préjudiciable dans le cadre de la recherche d’emploi ou encore pour celle qui est en période d’essai ? En d’autres termes, le fait qu’une femme enceinte postule pour une embauche peut-il être un motif de refus pour l’employeur ? Qu’en est-il pour celle en période d’essai ?

Aux termes de l’article 23.3 alinéa 1 de la loi sus-énumérée, l’employeur ne doit pas prendre en considération l’état de grossesse d’une femme pour refuser de l’embaucher. Le législateur va plus loin en protégeant aussi la femme en période d’essai. En effet, l’employeur est dans l’impossibilité de résilier le contrat de travail au cours de la période d’essai de la femme en état de grossesse.

  • La femme salariée en état de grossesse est-elle obligatoirement soumise à tous les examens de la visite médicale d’embauche ?

Non, car au sens de l’article 23.3 alinéa 2, lors de la visite médicale d’embauche, la femme enceinte peut présenter un dossier incomplet si certains examens normalement présents se révèlent dangereux pour sa santé ou celle de l’embryon. Dans ce cas, les examens sont reportés après l’accouchement.

  • Est-il possible pour l’employeur de modifier le contrat de travail d’une femme en état de grossesse (mutation ou changement de poste de travail) ?

Non, il est interdit à l’employeur de prononcer une mutation d’emploi ou de poste de travail pour la femme en état de grossesse. Mais, sous réserve de l’article 23.7 il peut le faire.

En effet, au sens de l’article 23.7 alinéa 1, la femme salariée en état de grossesse peut se faire muter à son initiative ou à celle de son employeur si son état de santé médicalement constaté l’exige. Retenez que cette mutation est temporaire.

  • Que se passe-t-il en cas de désaccord entre l’employeur et la femme salariée en état de grossesse, relativement à la mutation ou au changement de poste ?

Il ressort de l’article 23.7 alinéa 2, qu’en cas de désaccord entre l’employeur et la salariée, la mutation ne peut être effectuée qu’après avis du médecin-inspecteur du travail communiqué aux deux parties intéressées.

  • Quelle est la durée de la mutation ou du changement de poste de la salariée en état de grossesse ?

Etant donné que la mutation est temporaire, elle ne peut excéder la durée de la grossesse et prend fin dès que l’état de santé de la femme lui permet de retrouver son emploi ou son poste initial (article 23.7 alinéa 3)

  • La mutation temporaire de la salariée en état de grossesse, entraine-t-elle un incident sur la rémunération de cette dernière ?

Aux termes de l’article 23.7 alinéa 4, cette mutation ne doit entraîner aucune diminution de rémunération même si le nouveau poste est inférieur à celui occupé habituellement.

Le législateur ne s’est pas prononcé sur la rémunération au cas où le nouveau poste serait supérieur à l’ancien.

Le dernier alinéa de l’article 23.7 dispose que : « en cas de désaccord, la rupture qui en découle est réputée être du fait de l’employeur ». Au regard de ce dernier alinéa, nous remarquons que le législateur a pris toutes les mesures afin d’assurer la protection de la femme salariée en état de grossesse.

  • Qu’advient-il si l’employeur ne parvient pas à proposer un autre emploi à la femme salariée en état de grossesse ?

Il ressort de l’article 23.8 que si l’employeur est dans l’impossibilité de proposer un autre emploi à la femme salariée en état de grossesse, il lui fait connaitre, ainsi qu’au médecin-inspecteur du travail et des lois sociales les motifs qui font obstacles à son reclassement provisoire.

Le contrat est alors suspendu jusqu’à la date du congé légal de maternité. La femme bénéficie dans ce cas d’une garantie de rémunération à la charge de l’employeur.

Par Nany Fatem DAGNOKO, Juriste privatiste

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A mon enfant!!!

A mon

Mon enfant,

Personne n’a eu plus que moi peur de te savoir présent.e. Les questions fusèrent dans ma tête; comment j’allais prendre soin de toi!, Est-ce que je pouvais faire une bonne mère? Rien ni personne ne m’avait jamais préparée à cela. Mais Tu semblais tellement décidée de rester que tu m’as insufflée ta force.

Jour après jour, j’ai appris à vivre pour deux, à être moins égoïste, à être une maman. Mois après mois, j’ai découvert que j’avais de supers pouvoirs et c’est grâce à toi!

Mon enfant,

Tu es la rencontre inattendue d’une rencontre inattendue. Tu es la croisée de deux êtres que la vie a voulu réunir l’espace d’un instant, tu es la plus belle ponctuation d’un amour que l’éternité a voulu graver.

Avec toi, débute une symphonie merveilleuse. Celle de toi et moi lié.e.s à vie par le sang, le cœur, les émotions, l’histoire, le nom.

Mon enfant,

Si tu es un garçon, sache que tu n’es ni le supérieur ni le maître de personne, mais l’égal de TOUT être humain. Tache de traiter tout le monde comme toi tu aimerais être traité. Respecte chaque femme comme tu aimerais que je sois respectée. Parce que c’est ainsi et pas autrement.

Si tu es une fille, tu devras apprendre à t’imposer, à t’affirmer , à t’opposer (quand c’est nécessaire), à refuser que la société et ses normes te tracent un destin, une vie… Ta tâche sera plus ardue mais tes rêves seront toujours crédibles et légitimes si toi tu y crois. Qu’un jour tu veuilles devenir princesse ou soldate, danseuse étoile ou aller dans les étoiles, tu devras te battre pour faire de ta vie ce que tu veux qu’elle soit. Refuse la fausse humilité quand elle vise à te rabaisser dans ta dignité et dans tes droits.

Mon enfant,

Tu découvriras un monde rempli d’inégalités que tu ne comprendras souvent pas mais que tu devras toujours combattre. Je serai là pour faire de toi une personne meilleure que celle que je n’ai jamais été. Mais ce sera à toi de décider de qui tu seras.

Car ce qu’on est, ce qu’on devient, ce pour quoi on lutte, ce qu’on permet ou décide d’ignorer est toujours notre volonté.

Mon vœu est que tu mènes les plus beaux combats, ceux qui semblent perdus d’avance, mais mon souhait par dessus tout, est que tu sois heureux de la manière dont TU le décideras. Ce sera ma mission.

Ta maman…

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MTV shuga dépose ses valises à BABI

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Lancée à Nairobi au Kenya en 2009, « MTV Shuga » est une série dramatique et une campagne multimédia de longue date qui suit la vie des jeunes sur le continent africain. Elle a déja traversé l’Afrique du Kenya, au Nigeria en passant par l’Afrique du Sud. C’est une lucarne qui aborde de nombreux thèmes liés aux grands thèmes du VIH Sida et de la santé reproductive et à leurs corollaires que sont les rapports sexuels protégés, le dépistage , la stigmatisation de vivre avec le VIH, la transmission du virus de la mère à l’enfant, le sexe transactionnel, la violence basée sur le genre et l’utilisation du préservatif.

« MTV Shuga » a depuis quelques mois fait son entrée en Afrique francophone en débarquant à Abidjan. MTV Shuga Babi est la première version de la série adaptée au public de l’Afrique francophone . Cela s’entend très bien, car à l’instar des pays sus-mentionnés la Côte d’Ivoire est un pays qui a un fort taux de jeunes. En plus, son taux de prévalence est de 2.3 et bien qu’en baisse il demeure le plus élevé de l’Afrique de l’Ouest. En plus on ne l’oublie pas en matière de tendance “Babi” y’a pas son deux”. Cette série est une innovation car elle fait une réelle immersion dans le quotidien de la jeunesse et aborde les vrais problèmes qui sont les leurs en matière de sexualité. Dans une société comme la notre où parler de sexualité est encore taboue, c’est pour eux l’occasion de s’instruire et de trouver des professionnels à leur écoute.

MTV Shuga Babi est un projet financé par Unitaid et initié par LA FONDATION MTV STAYING ALIVE qui a pour mission de doter les jeunes des connaissances, de la confiance et des ressources nécessaires pour faire des choix éclairés concernant leur santé sexuelle et reproductive et prévenir le VIH. Avec la vision d’un monde où tous les jeunes ne souffrent pas du VIH / sida et contrôlent pleinement leur santé et leur bien-être sexuels et reproductifs

Le jeudi 28 Novembre 2019, soit un jour avant sa diffusion sur la chaîne nationale RTI2, la fondation MTV Staying Alive et Unitaid ont organisé l’avant-première de la série MTV Shuga Babi à l’institut Français de Côte D’Ivoire. L’occasion fut donnée aux invité.e.s de découvrir qui sont les nouveaux ambassadeurs de la lutte contre le VIH. Et de se délecter en exclusivité MONDIALE des deux premiers épisodes de la série.

Cette nouvelle série de 8 épisodes met en lumière la vie et les défis d’un groupe de jeunes étudiants ivoiriens en école d’art, poursuivant leurs rêves dans la vibrante ville d’Abidjan.
Tournée dans les quartiers les plus emblématiques, des rues populaires de Treichville aux maisons résidentielles de Cocody, MTV Shuga Babi raconte des histoires émouvantes de chagrin d’amour, de trahison mais aussi d’espoir et de positivité.

Le casting principal est composé d’un vivier de talents avec Ange Eric N’guessan dans le rôle de “ Daniel”, “Mateo” joué par le chanteur Rémy Adan, France Nancy en tant qu’ “Eslie”, Soukeïna Alpha Koné dans le rôle de “Rubi”, “Sané” incarnée par Grâce Noella, Pokou ou “Kara” par Vekine Koffi.
Les autres personnages principaux sont “Yanel(Abdel Kipre), “Tony” (Benseyan Kone), “Meita(Amira Somé), “Vanessa” (Reine Esther) et ”Ousmane” (Mj Martialo).
Les seconds rôles sont interprétés par la chorégraphe Bacome Niamba, l’acteur et chanteur Mike Danon, la comédienne Prissy La Dégammeuse, l’acteur Landry Gnamba, et l’acteur et réalisateur Ray Reboul.
Plusieurs célébrités feront également quelques apparitions comme la star du Coupé-Décalé Safarel Obiang, la rappeuse Nash et la chanteuse Bamba Ami Sara.

Bref, tout a été mis en place par une équipe talentueuse venue de toute l’Afrique pour allier l’utile et l’agréable. Tout au long de cette première saison, les téléspectateurs apprécieront les hits de divers chanteurs ivoiriens et africains tels que Serge Beynaud, Locko, Kiff No Beat et bien
d’autres. MTV shuga à Babi on dit Ouiii.

Vous pouvez suivre les nouveautés et conseils sur le site https://www.mtvshuga.com/babi/ et n’oubliez pas de vous abonner sur les comptes de votre série préférée; Facebook/ https://web.facebook.com/mtvshugababi/ ; Instagram/ https://www.instagram.com/mtvshuga_babi/

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10 livres Afro-féministes à avoir

afrofeministe

ASSIE-LUMUMBA N’dri Thérèse

Les africaines dans la politique: femmes baoulé de Côte d’Ivoire

L’Harmattan – Paris – 1996
ISBN: 9782738440488
(Points de vue)
206 p. – 22 x 14 cm

Les traditions prétextes de Constance YAI

Cette ancienne ministre de la Condition des femmes à Abidjan, et petite fille d’exciseuse donne de la voix pour en finir avec cette main mise des hommes sur la sexualité des femmes, via ces opérations  dangereuses et humiliantes. Les deux veulent en finir avec les traditions prétextes. 

Ne suis-je pas une femme ?

de Bell Hooks (Auteur), Amandine Gay (Préface), Olga Potot (Traduction)

Ne suis-je pas une femme ?”, telle est la question que Sojourner Truth, ancienne esclave, abolitionniste noire des Etats-Unis, posa en 1851 lors d’un discours célèbre, interpellant féministes et abolitionnistes sur les diverses oppressions subies par les femmes noires : oppressions de classe, de race, de sexe. Héritière de ce geste, bell hooks décrit dans ce livre devenu un classique les processus de marginalisation des femmes noires et met en critique les féminismes blancs et leur difficulté à prendre en compte les oppressions croisées.

La parole aux négresses,

Awa THIAM donne la parole aux femmes d’Afrique occidentale pour dire ce qui se pratique dans leur quotidien et comment elles vivent les mutilations génitales et quelques autres violences faites aux femmes. C’est une oeuvre qui rend la parole aux femmes et leur accorde la voix pour dire le Je féminin au quotidien dans la société africaine noire. Elle met surtout l’accent sur la polygamie, le blanchiment de la peau, l’initiation sexuelle, les mariages arrangés. Elle montre l’importance de la famille, des relations entre femmes et entre hommes et femmes, et des contraintes sociales. Elle en vient à montrer que la lutte des femmes africaines n’est pas la même que celle des femmes d’Occident, et qu’il faut se garder d’assimiler trop vite lapremière à la seconde.

Femmes, race et classe de Angela Davis (Auteur), Dominique Taffin (Traduction)” Le système esclavagiste définissait les Noirs comme une marchandise humaine. Puisque les femmes étaient considérées comme des unités de travail productrices de profit au même titre que les hommes, leurs propriétaires ne faisaient aucune différence entre les sexes. Un universitaire affirme ; “La femme esclave était la servante perpétuelle de son propriétaire et, fortuitement, épouse, mère et femme au foyer.” Si l’on se réfère aux tendances de la nouvelle idéologie de la féminité au XIXe siècle, la glorification des mères nourricières, douces compagnes et maîtresses de maison, transformait les femmes noires en anomalies. “

Afrofem

“Les femmes noires en France doivent être sauvées de leur famille, de leur communauté (pères, frères, cousins). Ce sauvetage est proposé gracieusement par l’Etat au travers de l’école républicaine, appuyée par des alliées de choix (médias, monde de la culture, associations, intellectuel-les). Mwasi est un collectif de femmes qui ne veulent pas être “sauvées” par qui que ce soit. Femmes noires et afro-descendantes, nous désignons l’Etat français, le “féminisme” blanc dominant et le racisme d’Etat comme des ennemis politiques. Notre seule préoccupation est d’être à la hauteur des idées, des pratiques et de l’héritage qui sont les nôtres : les combats contre la négrophobie, l’impérialisme, l’hétéro-patriarcat et le capitalisme. Nous avons choisi l’afroféminisme pour traduire politiquement nos révoltes que nous voulons transformer en révolution pour un changement radical de système, un système débarrassé du racisme, de la domination masculine et du capitalisme. Nous faisons le choix de l’organisation politique autonome et de la libération comme horizon. Ce livre est notre contribution afroféministe à la libération noire et panafricaine.”

Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage de Maya Angelou

Dans ce récit, considéré aujourd’hui comme un classique de la littérature américaine, Maya Angelou relate son parcours hors du commun, ses débuts d’écrivain et de militante dans l’Amérique des années 1960 marquée par le racisme anti-Noir, ses combats, ses amours. Son témoignage, dénué de la moindre complaisance, révèle une personnalité exemplaire. A la lire, on mesure – mieux encore – le chemin parcouru par la société américaine en moins d’un demi-siècle..

Maya Angelou tant que je serai noire

Figure emblématique de l’histoire des Etats-Unis, Maya Angelou s’est engagée corps et âme dans le XXe siècle américain. Tant que je serai noire débute en 1957 lorsque, décidée à devenir écrivain, elle part avec son fils, Guy, pour rejoindre Harlem, épicentre de l’activité intellectuelle des Noirs américains. Elle participe aux bouleversements de l’époque et rencontre des artistes comme Billie Holiday et James Baldwin, et les leaders du mouvement des droits civiques, Malcolm X et Martin Luther King. Enfin, conquise par Vusumzi Make, qui se bat pour la liberté des Noirs d’Afrique du Sud, elle part vivre en Afrique, théâtre des luttes anticolonialistes, où elle devient journaliste. Ce récit autobiographique dessine le portrait d’une femme exceptionnelle qui a intégré, jusqu’au coeur de sa vie intime, une véritable révolution mondiale, culturelle et politique.

L’autre moitié du soleil de Chimamanda Ngozi Adichie (Auteur), Mona de Pracontal (Traduction)

Noire n’est pas mon métier Nadege Beausson-Diagne – Mata Gabin – Maïmouna Gueye – Eye Haïdara – Rachel Khan – Aïssa Maïga – Sara Martins – Marie-Philomène NGA – Sabine Pakora – Firmine Richard – Sonia Rolland – Magaajyia Silberfeld – Shirley Souagnon – Assa Sylla – Karidja Touré – France Zobda

Stéréotypes, racisme et diversité : 16 actrices témoignent

Chritiane Taubira : l’esclavage raconté à ma fille

Traite et exploitation des êtres humains, colonisation, luttes pour la liberté, réflexion sur la notion de crime contre l’humanité, formes contemporaines de l’esclavage : une mère engagée répond aux nombreuses questions de sa fille. De ce dialogue s’est construit, au fil des étonnements, indignations et admirations, un livre aussi passionnant que nécessaire.
Ancienne garde des Sceaux, ministre de la Justice, Christiane Taubira est l’auteure de plusieurs livres, dont Mes météores et Murmures à la jeunesse.
” Christine Taubira développe magistralement, avec passion, une histoire trop méconnue. ” – L’Humanité

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Harcèlement au travail, Que faire?

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Face au harcèlement on est trop souvent déboussolé. Doutes, stigmatisations, moqueries et peur de perdre son boulot sont autant de sentiments qui minent la victime et l’enfoncent dans le silence. Ces petits conseils peuvent aider en situation.

QUE FAIRE ?
Faites savoir au harceleur que son comportement est inacceptable, qu’il vous met mal à l’aise. Réagissez le plus vite possible.
• En cas d’agressions ou si votre état de santé se détériore, consultez un médecin. Faites-vous délivrer un certificat médical.
• Consultez le médecin du travail de l’entreprise.
• Avertissez, prenez conseils et demandez l’appui de votre syndicat, du délégué du personnel, d’une association spécialisée dans les violences faites aux femmes, d’un.e avocat.e.
1. Vous pouvez saisir l’Inspection du Travail qui est habilitée à mener, à votre demande, et en toute confidentialité une enquête dans l’entreprise. Elle est en mesure et a le droit d’intervenir auprès de la direction, de dresser un procès-verbal et/ou de faire un signalement au Procureur de la République. Les éléments recueillis par l’Inspection du Travail seront déterminants.
Après avoir effectué ces démarches, vous pouvez, éventuellement, saisir votre employeur pour l’informer des faits dont vous êtes victime et lui rappeler sa responsabilité.
2. Vous pouvez engager une procédure pénale
• contre le harceleur
• contre l’employeur, s’il vous sanctionne ou ne réagit pas après avoir été informé.
3. Pour porter plainte, adressez-vous :
• au commissariat le plus proche de votre domicile
• ou au Procureur de la République, par écrit (Tribunal de première Instance) vous pouvez, si vous souhaitez vous voir accorder des dommages et intérêts en réparation du préjudice subi, vous devez vous constituez partie civile, votre avocat pourra alors être informé de l’ensemble des éléments du dossier et du déroulement de la procédure.
• en cas de ressources insuffisantes, vous pouvez demander l’aide juridictionnelle totale ou partielle auprès du Tribunal de première Instance.
Si vous avez porté plainte, une démission ne vous prive pas des droits éventuels.

 Cette plainte met en route une action judiciaire et peut aboutir à la condamnation pénale du harceleur.
Vous pouvez engager une procédure administrative contre l’entreprise ou l’administration.
En cas de sanction, refus de promotion, licenciement abusif, démission, vous pouvez obtenir :
• la levée de la sanction,
• la nullité du licenciement, c’est-à-dire la réintégration dans votre poste ou des dommages
et intérêts,
• une requalification de la démission en « rupture de contrat de travail du fait de l’employeur. »

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Fiche de lecture_CHÈRE IJEAWELE ou un manifeste pour une éducation féministe

Fiche de lecture

Chimamanda Ngozi Adichie, née le 15 Septembre 1977, est une écrivaine nigérianne. Elle est originaire d’Abba dans l’État d’Anambra, au sud-est du Nigéria. Elle vit entre Lagos  et Washington. Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Chimamanda_Ngozi_Adichie . Elle est l’auteure de L’autre moitié du soleil, Autour de ton cou, Americanah, Nous sommes tous des feministes, L’hibiscus pourpre et CHÈRE IJEAWELE ou un manifeste pour une éducation féministe que nous nous ferons le plaisir d’analyser. De manière transversale et synthétique.

Une éducation féministe (?), une éducation tout court

Lorsqu’on lit le titre de l’ouvrage la première question qui vient est celle-ci: Y aurait-il une éducation féministe? C’est bien à cette question que l’auteure répond par une lettre à son amie -nouvelle maman d’une fillette- qui l’a sollicitée. Il existe bien une éducation féministe comme il en existerait une autre politique, sexiste, sportive, musicale etc…

De prime abord, ce manifeste nous a rappelé une autre longue lettre écrite par une autre grande figure féminine – à l’égard d’une autre femme-… celle de Mariama Bâ (vous vous en êtes doutés). Dans cet ouvrage, la Nigérianne livre 15 suggestions à Ijeawélé, mère de Chizalum Adaora. Arrêtons nous sur le mot ” suggestion”. La suggestion c’est le fait d’inspirer à quelqu’un une idée; une pensée. Suggérer s’oppose ainsi à imposer et s’apparente à conseiller. Nous en déduisons que le féminisme peut être s’apprend, se conseille , se suggère sans s’imposer.

Pour Chizalum…Sa mère devra bannir les rôles de genre pour lui apprendre à être une personne tout simplement. Elle devra lui apprendre à aimer les livres et à comprendre les mots pour ne pas en avoir peur. L’épineuse question du mariage comme accomplissement féminin Chimamanda l’aborde. C’est en effet, l’un des plus grands talons d’Achille des femmes. Car dit-elle ” Nous conditionnons les filles afin qu’elles aspirent au mariage mais pas les garçons, ce qui entraîne dès le départ un grave déséquilibre”. Plaire ne doit pas être son plus grand soucis, son objectif sera d’être sincère dans ses opinions et vraie dans ses prises de positions. Pour cela, elle devra bien sûr avoir une identité, celle d’être une femme africaine, igbo, noire et fière, ce qui l’aidera à combattre “les dynamiques de pouvoir” qui ont fait paraître les noirs comme des gens misérables. L’auteure aborde aussi l’apparence physique, la féminité et la morale, elle démontre comment la culture a utilisé la biologie pour construire des normes sociales et accorder des privilèges aux uns et en retirer aux autres. L’éducation d’un enfant doit intégrer une éducation sexuelle décomplexée-où la honte n’aura aucune place- mais qui reste appropriée pour un enfant. Ijeawélé devra préparer son enfant à l’amour comme un état où l’on donne mais aussi reçoit . Les systèmes d’oppression existent et il faut pouvoir les lui expliquer. Enfin, une éducation harmonieuse est celle qui tient compte de la différence de l’autre. Et bien malheureusement le manque de tolérance est la résultante de ce que l’on apprend pas aux jeunes enfants à ”survivre dans un monde de diversité”

Déconstruire, déconstruire, déconstruire…

Cet ouvrage pose les jalons du féminisme mais pas que… c’est un concentré de déconstruction de normes sociales que l’on intègre bien trop jeunes et qu’au grand dam de nos enfants nous perpétuons allègrement. La classifications des jeux, le rôle d’épouse et de mère, la cage dorée du mariage, le fait de se poser en tant qu’être humain tout simplement. Le féminisme light est aussi décrit le plus grand piège de ce combat. Il remet encore en cause le postulat de l’égalité comme condition sine qua non à une société équilibrée. Le féminisme light culpabilise la femme encore et toujours quand elle a du pouvoir et c’est aussi ce sur quoi se base les anti-féministes.

En réalité ce manifeste nous donne des conseils à tous et à toutes. Et comme le dit l’auteure, il répond à l’urgence morale qu’il ya à nous atteler à imaginer ensemble une éducation pour nos enfants, pour tenter de créer un monde plus juste à légard des hommes et des femmes.

Etre féministe c’est comme être enceinte. Tu l’es ou tu ne l’es pas . Tu crois à l’égalité pleine et entière des femmes ou tu n’y crois pas.

Chimamanda Ngozi Adichie

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