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Flora Irel, l’héroïne qui révolutionne la communication politique en Afrique francophone

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La communication politique peut se définir comme « l’espace où s’échangent les discours contradictoires de trois acteurs : les hommes politiques, les journalistes et l’opinion publique au travers des sondages. Ceux-ci ont pleine légitimité à s’exprimer publiquement sur la politique ». La communication politique se fait en période électorale, entre deux élections, en situation de crise politique intérieure ou extérieure. C’est la définition que nous donne Flora Irel à propos de cette notion. Cette jeune femme ivoirienne, diplômée de l’Ecole Française des Attachés de Presse et des Professionnels de la Communication (EFAP) et titulaire d’un diplôme d’études universitaires générales en Anglais de l’Université Félix Houphouët Boigny, s’est lancée dans la Consultance politique à l’attention de leaders. Son ambition, professionnaliser un milieu laissé trop longtemps aux mains d’amateurs.

Changer d’ère pour une société civile et politique plus saine

Il est contradictoire que l’on reconnaisse de plus en plus l’importance des métiers de la communication sans forcement penser à mieux organiser la communication politique. C’est le constat qui ressort de l’expérience panafricaine de Madame Irel. En effet, de la Côte d’Ivoire, en passant par le Togo et la RDC où elle séjourne actuellement, les personnes qui se chargent de ce pan oh combien important de la vie des élus et leaders restent leur cercle le plus familier. On parle alors de « bois sacré », « sa base », d’ « entre – gens ». Ce qui a pour effet de décrédibiliser le travail et l’image des acteurs politiques. Car ces personnes sont forcées à apprendre sur le tas les rudiments d’un métier à diverses variantes.

Le cabinet Irelec de Madame Irel offre aujourd’hui à une cible de personnes clées( ministres, maires, députés, candidats, élus, dirigeants, managers, cadres, Experts comptables, avocats, huissiers, notaires…)un accompagnement à titre individuel et collectif; avec quatre axes pour la montée en puissance des leaders : 

  1. L’audit en communication ;
  2. Le conseil en stratégie de communication ; 
  3. L’accompagnement en bonnes pratiques ; 
  4. La team building. 
Madame Flora Irel

« Le but du présent exercice est de rappeler que la communication est un espace professionnel et un marché du travail. Ce qui suppose un investissement dans la légitimation de l’activité des professionnels qui s’y consacrent »

Pourquoi est-ce si important de passer à cette étape de professionnalisation?

En politique, l’image est cruciale et il faut absolument pouvoir la construire et c’est à partir d’une image positive que passeront les discours et messages.La communication politique nécessite, selon l’experte, une approche pluridisciplinaire. 

Véritable oeuvre technique, la communication politique voit s’enchevêtrer plusieurs disciplines. D’abord, la sociologie des professions dans l’équipe de campagne (en relevant le côté fonctionnaliste puis interactionniste de tous les groupes professionnels, la légitimité, le mandat de chacun d’eux, l’exposition de leurs pratiques, leur rôle dans l’organisation) puis, les stratégies de marketing électoral (la politique reprend les codes du marketing économique donc d’un 4P spécifique politique mix) pour aboutir à la sémiologie pour la communication symbolique (au-delà de l’énonciation verbale, s’intéresser aux procédures et stratégies qui se manifestent dans plusieurs langages visuels, sonores, gestuelles, etc…). De ce qui précède, il est donc important de s’entourer de personnes aguéries et bien formées.

Le plan d’action et la stratégie de Madame Irel a été dévoilé en Côte d’Ivoire ce Mercredi 06 Octobre 2021 au Grand Hôtel d’Abidjan lors d’un Café de presse. L’experte a pu dévoilé sa grande maitrise des outils de communication ainsi que sa volonté de redynamiser le secteur et de le challenger davantage. Une véritable Héroine.

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Les abidjanaises en danger?L’ONG CPDEFM dévoile l’inquiétante réalité des violences faites aux femmes à Abidjan.

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Plus que jamais, les violences faites aux femmes cristallisent l’attention, et deviennent un véritable enjeu de politique publique en Côte d’Ivoire. Malheureusement, si les voix se délient l’un des plus grands enjeux est la production de données ouvertes qui pourraient documenter ce phénomène. De ce fait, l’Organisation des Citoyennes pour la Promotion et Défense des Droits des Enfants, Femmes et Minorités (CPDEFM) créée par Madame Sylvia APATA, juriste, experte en Droits Humains, Consultante en Droits des Femmes; dans son optique de protection des plus vulnérables a produit le Rapport sur les Violences faites aux Femmes et aux Filles (VFF) dans le District d’Abidjan en période de pré et de quotidienneté Covid19, Abidjan, en Juin 2021, dont les résultats ont été présentés ce Mardi 15 Juin 2021 devant la presse internationale, nationale, les décideurs et les partenaires au développement .

Pourquoi une telle enquête?

Il s’agissait pour CPDEFM de parvenir à quantifier le taux de victimes de VFF (Féminicide, viol, pédocriminalité, mariages forcés, excision) dans les six (6) Communes cibles ; d’évaluer les violences que subissent les femmes et les filles en période de confinement et de quotidienneté COVID-19, afin d’interpeller l’opinion nationale et internationale sur l’ampleur des violences faites aux femmes et aux filles en Côte d’Ivoire notamment à Abidjan. Dans cette démarche, les données collectées viseront à contribuer à la prise de conscience des populations abidjanaises vis-à-vis des
conséquences des violences sur les victimes. C’est aussi une démarche politique qui a à terme de susciter des actions concrètes de l’Etat ivoirien en vue de leur réduction voire éradication.

Analyse du contexte spatio temporel et de l’échantillonage retenu

Ledit rapport a pris en compte six (6) communes du District d’Abidjan
(Communes les plus populaires) que sont : Abobo, Anyama, Attécoubé, Koumassi, Treichville et Yopougon, à propos du phénomène des violences faites aux femmes et aux filles en l’occurrence l’excision, le mariage forcé, le viol, la pédocriminalité et le féminicide.

Les enquêteurs et enquêtrices ont interrogé cinq mille cinq cent cinquante-six (5556 personnes) parmi lesquels figuraient des jeunes, des adultes et des personnes du troisième âge, choisis au sein de toutes les couches socio culturelles et vivant différentes types de situation matrimoniales. dont la moyenne d’âge de l’échantillon varie de 14 à 60 ans. Au total figuraient trois mille quatre cent quatorze (3414) femmes et environ deux-mille
cent quarante-deux (2142)
.

Tous les sexes, couches socio-professionnelles et niveaux d’instruction ont ainsi été pris en compte dans la mise en œuvre de cette étude. Les violences dont il est question ont été évaluées en période pré Covid-19, en période de confinement et de quotidienneté Covid-19. En effet, si l’on ne décrit les effets que sanitaires et économiques de la pandémie il est indéniable qu’elle a exposé encore plus les victimes de violences. La quantité significative et la diversité de la population cible permet de collecter des avis objectifs et variés et de réduire les marges d’erreur.

Quelques résultats obtenus en matière des VFF analysées:

Sur les 6 communes concernées, Anyama, Treichville et Attécoubé sont celles enregistrent respectivement 1322, 776 et 749 cas. 1290 cas de mariages d’enfants (filles âgées de moins de 18 ans) ont été recensés avec un pic en période de confinement environ 430 cas signalés. Concernant le viol (commis sur des femmes), ce sont 1 121 cas enregistrés (2019-2020).
Les féminicides sont par ailleurs une réalité à Abidjan. Cette enquête réalisée auprès des populations abidjanaises révèle que 416 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou partenaire intime au cours de ces deux dernières années. La Commune d’Abobo est la zone où il est enregistré le plus grand nombre de cas (125).

La Commune d’Abobo est la zone où il est enregistré le plus grand nombre de cas (125).

Rapport sur les Violences faites aux Femmes et aux Filles (VFF) dans le District d’Abidjan en période de pré et de quotidienneté Covid19, Abidjan, Juin 2021.

Interprétation- les VFF une réalité inquiétante en Côte d’Ivoire.

Les enfants particulièrement les filles sont plus exposées aux violences que les femmes : le mariage forcé est la violence la plus répandue de toutes les VFF documentées (29,66%) dans les 6 localités cibles. Les femmes sont majoritairement victimes de viol (25,77% des VFF signalées par
les populations).

L’excision et la pédocriminalité (pédophilie) touchent respectivement 19,03% et 15,98% des enfants (majoritairement les filles) dans ces 6 localités.

Le féminicide -meurtre d’une femme, d’une fille en raison de son sexe- est une réalité à Abidjan, avec un taux alarmant de 9,56% durant les années 2019 et 2020. Les Communes d’Anyama, Treichville et Attécoubé sont les zones des plus rouges en matière de VFF à Abidjan : Anyama (30,39%), Treichville (17,84%) et Attécoubé (17,22%).

Face à la récurrence des violences qu’elles subissent, les femmes d’Abobo y sont résignées. Elles sont pour la plupart dans le déni et se taisent (Seulement 11,08% admettent avoir été témoins de VFF). Toutefois, les résultats sur les féminicides la classant en tête de liste (125 cas soit 30,05%) permettent de la considérer comme zone rouge au même titre que Anyama, Treichville et Attécoubé.

La période de confinement ou de restrictions due au COVID-19 a exposée les femmes et les filles à plus de violences notamment les mariages forcés et viols signalés à une proportion plus élevé qu’en période pré-confinement et pré-Covid-19 (environ 30% des violences sexuelles constatées). Le confinement dû à la crise sanitaire a de ce fait amplifié les VFF à Abidjan.Face à la récurrence des violences qu’elles subissent, les femmes d’Abobo y sont résignées. Elles sont pour la plupart dans le déni et se taisent (Seulement 11,08% admettent avoir été témoins de VFF). Toutefois, les résultats sur les féminicides la classant en tête de liste (125 cas soit 30,05%) permettent de la considérer comme zone rouge au même titre que Anyama, Treichville et Attécoubé. La période de confinement ou de restrictions due au COVID-19 a exposée les femmes et les filles à plus de violences notamment les mariages forcés et viols signalés à une proportion plus élevé qu’en période pré-confinement et pré-Covid-19 (environ 30% des violences sexuelles constatées). Le confinement dû à la crise sanitaire a de ce fait amplifié les VFF à Abidjan.

Source : Rapport sur les Violences faites aux Femmes et aux Filles (VFF) dans le District d’Abidjan en période de pré et de quotidienneté Covid19, Abidjan, en Juin 2021

En définitive nous ne pouvons que remercier l’ONG CPDEFM qui contribue significativement à lutter contre toutes les formes de violences faites aux franges les plus vulnérables. Ce rapport gagnerait à être lu, partagé et surtout analysé comme un document indicatif sur les prochaines décisions à prendre en la matière. Car oui, il présente aussi des recommandations à toutes les parties prenantes à ce combat.

Sylvia Apata Membre fondatrice CPDEFM et coordonnatrice du Rapport sur les Violences faites aux Femmes et aux Filles (VFF) dans le District d’Abidjan en période de pré et de quotidienneté Covid19, Abidjan, Juin 2021

Lien de téléchargement du rapport:

http://cpdefmci.e-monsite.com/medias/files/rapport-de-l-enquete-sur-les-vff-a-abidjan-2021-cpdefm-1.pdf

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Ecriture libreFéminisme

Maintenant tu es une femme!

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(c) Picture AP Photo/S.Alamba; DW

Je ne sais pas ce que je fais dans cette maison avec toutes ces femmes qui m’auscultent, me surveillent, m’apprêtent depuis des jours. Parmi elles ma mère, je la sens heureuse, heureuse pour moi, dit-elle. Heureuse de me voir honorée, pas comme cette Maimouna ma cousine qui court les hommes. Moi aussi j’ai envie de partager sa joie, de la ressentir, mais je n’y arrive pas.

Il y a encore un mois je n’étais encore qu’une enfant, sautillant insouciante dans les ruelles de mon quartier. Mon seul souci était de terminer les devoirs de maison et de papoter avec ma meilleure amie sur le chemin du lycée. J’aimais ça l’école, j’ai été fascinée par ma maitresse du préscolaire, tellement intelligente que je voulais lui ressembler. Pour cela j’ai travaillé dur et je suis arrivée au collège avec de très bons résultats. Je pensais que tout allait continuer ainsi, mais un jour j’ai découvert ce sang dans mon lit, effrayée, j’ai crié. Maman est venue et m’a dit calmement maintenant tu es une femme. Une femme ? Mais j’étais quoi avant ? A partir de ce jour tout est allé trop vite. J’ai vu des personnes se succéder à la maison, on m’a dit avec fierté ils viennent pour toi. Puis papa et Oncle m’ont fait assoir pour me parler, maman se tenait un peu plus loin, je sentais un peu de crainte dans son regard fuyant. Il y avait de la cola et de l’argent, beaucoup d’argent. “C’est ta dot” m’ont-ils dit. Depuis ta naissance tu as été promise à ton cousin en France, maintenant que tu es une femme il viendra te prendre pour épouse.

Maintenant j’étais une femme! Cette phrase énigmatique prenait son sens, et ce mot résonnait lourd et révoltant. Non je ne suis pas une femme! Je suis Salimata et je ne veux pas être l’épouse de mon cousin en France et je ne veux pas de votre dot. J’ai voulu le crier fort et m’enfuir, mais je suis restée pétrifiée apeurée, seule, meurtrie, trahie… je venais d’être mariée. Personne ne s’opposait jamais ni à Baba ni à Oncle. Et ce n’est pas moi à 14 ans qui allait le faire. D’ailleurs mon père était aux anges, mes sœurs ne lui ont pas rapporté aussi gros disait-il à qui peut l’entendre. Il comptait prendre sa troisième épouse grâce à cet argent. J’ai essayé de dire à maman ce que je ressentais, elle a d’abord commencé à me battre en disant que je voulais son déshonneur, puis s’est mise à pleurer et à me supplier. Pense à moi, à tes frères et sœurs. Que dira ma coépouse ? Ma belle-famille ? Ton papa n’acceptera jamais de nous garder ici, on finira dans la rue. Elle aussi était une femme, aussi condamnée et malheureuse que moi. Je n’ai pas pu la detester, elle m’inspirait plus de la pitié qu’autre chose. Sur elle aussi un jour le piège s’était refermé.

Voilà comment une semaine plus tard, le henné est apparu sur les mains et mes pieds comme sil matérialisait les lignes de ma vie et de mon destin tout tracé. Je ne voyais plus mes amis de classe. Ceux et celles qui se hasardaient à me chercher subissaient les injures de mes tantes. Quelque part dans ma tête je pensais à mon institutrice, à mes rêves à ma vie, celle qu’on m’avait prise. Je devais rester chez ma belle-famille, le temps que les procédures administratives pour mon voyage prennent fin. Et comme j’étais très jeune, cela risquait de prendre au moins deux années. C’est ce qu’avait dit Oncle, selon lui les « les blancs ne comprennent rien à nos traditions et vont essayer de gâter le mariage s’ils savaient ».

Dans la chambre de préparation du mariage on m’a dit :

– « Tu vas finir par l’aimer ton époux et si tu ne l’aimes pas tant pis mais reste soumise et docile ».

– « Ne dis jamais plus qu’il ne t’en demande ».

– « Accepte tout et même les coups, car s’il t’en donne c’est que tu n’aurais pas fait été une épouse correcte ».

« Rends fière ta famille en lui faisant des enfants beaux et forts ».

Oui, à peine entrée dans l’adolescence, je devais penser à être mère. Une boule me serrait la gorge ce matin de décembre. La moiteur de mes mains n’était pas due à l’humidité du climat. Mais à cette nuit de noces qui approchait. J’étouffais sous ces apparats, ce maquillage, ce voile.

Puis d’un coup j’entendis au loin la griotte entamer un chant, et la foule qui s’extasiait avec elle.

« Ton mari est arrivé, c’est le moment de partir », m’a dit ma cousine…

En Afrique de l’Ouest, deux filles sur cinq sont mariées avant
18 ans, et environ une adolescente (10-19 ans) sur cinq a déjà donné
naissance
.

Au rythme de réduction actuel, l’Afrique de l’Ouest et du Centre mettra plus de 100 ans pour mettre fin au mariage des enfants. Cette région compte six des 10 pays où la prévalence du mariage des enfants est la plus élevée au monde.

Ce texte est dédié à toutes ce petites filles, à qui l’on arrache leurs vies… au nom du fait qu’elles soient des femmes.
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Féminisme

Le 8 Mars, ‘‘ la fête du pagne’’.

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Le 8 Mars, cette journée ne semble plus à présenter car elle fait du mois de Mars, le mois, symbole des luttes féminines. Cependant, l’on dénote une certaine incompréhension de ce jour spécial qui a pris une tournure de fête. Ce qui de ce fait nous fait comprendre que l’on ne le rappellera jamais assez que loin d’être une fête, le 8 Mars est la journée internationale des droits de la femme…

Dans plusieurs pays africains, une nouvelle tendance est née depuis quelques décennies à l’approche de cette journée. La confection de pagne pour célébrer, je ne sais vraiment quoi. Ainsi, le 8 Mars, est devenu ‘‘la fête du pagne’’. Si les raisons de ces confections et distributions ( non gratuites) de pagnes sont louables, l’utilité de ceux-ci pose un problème. En effet, en prenant le cas de Côte d’Ivoire, le budget adjugé à cette simple journée serait de 160 millions de nos francs. Ce qui est un montant faramineux, surtout quand l’on regarde les conditions inchangées des femmes. Ces dépenses semblent être une insulte à la souffrance de celles-ci dans la mesure où l’on fait fi des problèmes prioritaires pour ne se concentrer que sur des « futilités ». les organisations, sur ce fait, ne se font pas prier et donnent de la voix.

(c) https://cotedivoirenews.info/journee-internationale-de-la-femme-en-cote-divoire-la-ministre-ly-ramata-a-presente-le-pagne-officiel/

Pourquoi se focaliser sur la confection et distribution de pagnes lorsque les conditions des femmes en ce qui concerne les violences basées sur le genre, leur autonomisation et toutes autres problèmes ne sont pas assez prises à bras le corps. Ce laxisme rayonnant des instituions qui parfois exaspère plus d’un.es. C’est bien beau de penser à faire des pagnes mais dans la pratique quelle valeur, cela apporte à ce jour ?

Cette journée nous rappelle entre autres qu’il y a beaucoup de travail à faire pour améliorer les conditions de vie de ces dernières. Alors, non ! le 8 mars n’est pas une fête dans laquelle l’on peut balancer des pagnes aux visages des femmes avec condescendance, c’est un jour où il faut repenser leurs droits. Faire le bilan des avancées et des régressions de leurs droits. Par conséquent, chanter ses louanges toute une journée pour que le lendemain, elle se retrouve encore dans le même bourbier, ne sert vraiment à rien et entre dans le cadre d’une certaine démagogie.

Pagne 8 Mars Burkina Faso (C)

Et pourtant, le pagne en tant qu’élément culturel inscrit dans notre patrimoine pourrait être un levier pour accélérer le travail de promotion des droits des femmes et de leur autonomisation. En effet, au regard de l’attachement que les femmes africaines et ivoiriennes lui portent , le ministère pourrait utiliser celui-ci comme un outil efficace. Comment me direz-vous ?

Déjà en associant les organisations de la société civile et les mouvements citoyens de défense des Droits des femmes à sa conception. L’objectif étant de travailler sur son impact visuel et stratégique. A terme, faciliter son appropriation par ces groupes qui à n’en point douter ont témoigné d’une influence populaire. Par ailleurs le pagne, à cause du fait qu’il bénéficie certainement d’un budget national doit pouvoir servir à sa vente aux femmes car c’est la cible ultime de ces dépenses. On pourra par exemple lancer un appel à projets dans les localités et les mettre en œuvre ,chaque année, les plus pertinents grâce à l’argent collecté. Au bout d’une décennie, l’on aurait véritablement fait avancer la condition féminine par un bout de tissu. Ce serait l’occasion de faire des foires culturelles où se mêleraient sensibilisation et dénonciation. Des jours entiers pendant lesquelles les femmes et les filles auront des réponses sur leurs droits. Nous croyons alors que personne ne mettrait en cause son utilité, ni ne boycotterait le pagne. Encore malheureusement, aucun compte n’est fait ni sur l’argent de la confection, ni sur celui de la vente. Mais, c’est un secret de polichinelle qu’année après année « le symbole de la fête des femmes » engraine des fonds qui ne font l’objet d’aucun audit. Et cela en surfant sur l’ignorance des femmes. 

Si l’on veut que la condition féminine change, il faut que celleux qui président aux destinées de notre nation en ait l’envie et s’en donnent les moyens. Il est encore incompréhensible qu’il y ait plus d’engouement sur le pagne que sur les droits eux même. Les femmes, ont plus que besoin de réponses. Une utilisation bien pensée du pagne peut donner une nouvelle envergure à cette journée. Si les critiques contre le pagne sont moultes, ce n’est pas anodin mais dénote plus d’un ras-le-bol. Il faut plus que jamais que les institutions changent leur vision de cette journée et que leurs actions soient plus efficientes pour apaiser les rancœurs. Arborer fièrement le pagne comme si la vie de ces femmes en dépendait est chose lassante, lorsque l’on voit les régressions de leurs droits sous nos tropiques. La portée de cette journée n’a vraiment pas été cernée par les autorités publiques et il faut y remédier au plus vite. Le 8 mars n’est définitivement pas la fête du pagne.

Par Manu Kahoyomo et Carelle Laetitia

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FéminismeHéroïnes du présent

Trois jeunes femmes révolutionnent l’orientation professionnelle en Côte d’Ivoire

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L’une des plus grandes chimères pour le jeune diplômé aujourd’hui est à n’en point douter d’entrer dans la vie active de façon sereine. En effet, plus que les études elle-mêmes, la recherche d’emploi est devenue un véritable chemin de croix qui souvent finit par décourager les jeunes et conduire à des reconversions professionnelles assez inattendues. Fortes de ce constat, trois jeunes femmes ont décidé de travailler à proposer une solution qui répond à ce besoin. De leur collaboration est né PICK TON JOB, qui signifie choisis ton emploi en français. Qui sont elles et que proposent elles concrètement? Interview avec celles qui aujourd’hui qui nous présentent leur initiative. Une solution concrète qui aide les jeunes dans leur orientation professionnelle.

Linda, Lau et Alex, ou 3 héroïnes au service de leur communauté

1- Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs?

Linda – Je suis Linda Alla, ivoirienne vivant à Houston, Texas. Au cours de l’année 2019,J’ai obtenu mon diplôme de Bachelor en comptabilité à l’University of North Texas. Depuis un an, j’occupe un poste de comptable dans une compagnie aux USA.

Lau – Laurelle Touré, étudiante en Master 2 économie et finance, je vis à Lyon.

Alex – Je suis Alexandra Koffi, diplômée en communication marketing & événementiel et je réside en France. J’observais très attentivement le système éducatif ivoirien, ce que je continue d’ailleurs. Je me suis rendue compte d’un manque d’information et d’orientation des  jeunes après l’obtention du baccalauréat. J’ai aussi remarqué une complaisance quant à la filière (souvent saturée car tous y vont) choisie car préconisée par un membre de la famille. Passionnée par la communication et la publicité, je me suis énormément documentée et j’ai eu la possibilité de choisir ce que je voulais faire.

2-Pourquoi vous êtes-vous lancées dans ce projet? Quelle a été votre motivation?

Linda: L’idée de créer la plateforme Pick Ton Job découle du fait que j’ai eu un parcours universitaire assez particulier. Ayant obtenu un Baccalauréat – série littéraire, je me suis directement tournée vers le droit. J’ai passé mes deux premières années de Licence à l’Université Catholique d’Afrique de l’Ouest avant de m’envoler pour les USA ou j’ai eu la chance d’avoir des conseillers pour me guider et m’expliquer la particularité de chaque filière qui s’offrait à moi. J’ai aussi été en contact avec des professionnels qui ont partagé leurs expériences du monde du travail. J’ai décidé de changer complètement de filière et de me réorienter vers la comptabilité. J’en suis ressortie avec un diplôme en poche.

Lau: Ma participation à l’idée vient du fait que j’ai perdu assez de temps avant de trouver ma voie parce que je n’étais pas assez informée sur les formations et débouchés de l’enseignement supérieur.

Alex: Ayant toujours ressenti ce besoin d’impacter positivement la société mais surtout les jeunes, il était temps de mettre en place cette initiative, Pick Ton Job est donc né dès cet instant !

PICK TON JOB, qu’est-ce que c’est?

3- Qu’est-ce exactement Pick ton Job? Et que proposez-vous à votre communauté?

C’est une plateforme ivoirienne d’orientation et de mise en relation entre professionnel.les, lycéen.nes et étudiant.es. Le but de Pick Ton Job est de:

  • révolutionner l’orientation professionnelle des jeunes ivoiriens;
  • combattre la désillusion dont fait face la majorité des élèves à la sortie du lycée et à la fin des études universitaire
  • faire découvrir d’autres secteurs de métiers souvent méconnus

4- Comment ça marche?

Au travers de cette plateforme, les élèves et étudiants ont la possibilité de rencontrer un professionnel (physiquement ou virtuellement) en prenant gratuitement rendez-vous sur le site www.picktonjob.com. Aujourd’hui, nous voulons faire connaître la plateforme afin qu’elle devienne un véritable outil d’orientation et de référence pour les jeunes en Côte d’Ivoire. Nous invitons donc les élèves et étudiants à nous suivre sur nos différents médias sociaux. L’équipe de Pick Ton Job sollicite également l’aide de professionnels qui souhaitent une amélioration du système éducatif ivoirien à participer à ce projet innovant en donnant de leur temps.

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Facebook: https://www.facebook.com/picktonjobci/

Instagram: https://www.instagram.com/picktonjob/

LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/pick-ton-job/

Alors qu’attendez vous? Votre futur emploi vous attend. On aime et on partage pour donner plus de chance à tout le monde. En plus de nombreuses astuces vous y attendent. Nous ne pouvons que féliciter les conceptrices.

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