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Santé Sexuelle et reproductive

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MTV shuga dépose ses valises à BABI

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Lancée à Nairobi au Kenya en 2009, « MTV Shuga » est une série dramatique et une campagne multimédia de longue date qui suit la vie des jeunes sur le continent africain. Elle a déja traversé l’Afrique du Kenya, au Nigeria en passant par l’Afrique du Sud. C’est une lucarne qui aborde de nombreux thèmes liés aux grands thèmes du VIH Sida et de la santé reproductive et à leurs corollaires que sont les rapports sexuels protégés, le dépistage , la stigmatisation de vivre avec le VIH, la transmission du virus de la mère à l’enfant, le sexe transactionnel, la violence basée sur le genre et l’utilisation du préservatif.

« MTV Shuga » a depuis quelques mois fait son entrée en Afrique francophone en débarquant à Abidjan. MTV Shuga Babi est la première version de la série adaptée au public de l’Afrique francophone . Cela s’entend très bien, car à l’instar des pays sus-mentionnés la Côte d’Ivoire est un pays qui a un fort taux de jeunes. En plus, son taux de prévalence est de 2.3 et bien qu’en baisse il demeure le plus élevé de l’Afrique de l’Ouest. En plus on ne l’oublie pas en matière de tendance “Babi” y’a pas son deux”. Cette série est une innovation car elle fait une réelle immersion dans le quotidien de la jeunesse et aborde les vrais problèmes qui sont les leurs en matière de sexualité. Dans une société comme la notre où parler de sexualité est encore taboue, c’est pour eux l’occasion de s’instruire et de trouver des professionnels à leur écoute.

MTV Shuga Babi est un projet financé par Unitaid et initié par LA FONDATION MTV STAYING ALIVE qui a pour mission de doter les jeunes des connaissances, de la confiance et des ressources nécessaires pour faire des choix éclairés concernant leur santé sexuelle et reproductive et prévenir le VIH. Avec la vision d’un monde où tous les jeunes ne souffrent pas du VIH / sida et contrôlent pleinement leur santé et leur bien-être sexuels et reproductifs

Le jeudi 28 Novembre 2019, soit un jour avant sa diffusion sur la chaîne nationale RTI2, la fondation MTV Staying Alive et Unitaid ont organisé l’avant-première de la série MTV Shuga Babi à l’institut Français de Côte D’Ivoire. L’occasion fut donnée aux invité.e.s de découvrir qui sont les nouveaux ambassadeurs de la lutte contre le VIH. Et de se délecter en exclusivité MONDIALE des deux premiers épisodes de la série.

Cette nouvelle série de 8 épisodes met en lumière la vie et les défis d’un groupe de jeunes étudiants ivoiriens en école d’art, poursuivant leurs rêves dans la vibrante ville d’Abidjan.
Tournée dans les quartiers les plus emblématiques, des rues populaires de Treichville aux maisons résidentielles de Cocody, MTV Shuga Babi raconte des histoires émouvantes de chagrin d’amour, de trahison mais aussi d’espoir et de positivité.

Le casting principal est composé d’un vivier de talents avec Ange Eric N’guessan dans le rôle de “ Daniel”, “Mateo” joué par le chanteur Rémy Adan, France Nancy en tant qu’ “Eslie”, Soukeïna Alpha Koné dans le rôle de “Rubi”, “Sané” incarnée par Grâce Noella, Pokou ou “Kara” par Vekine Koffi.
Les autres personnages principaux sont “Yanel(Abdel Kipre), “Tony” (Benseyan Kone), “Meita(Amira Somé), “Vanessa” (Reine Esther) et ”Ousmane” (Mj Martialo).
Les seconds rôles sont interprétés par la chorégraphe Bacome Niamba, l’acteur et chanteur Mike Danon, la comédienne Prissy La Dégammeuse, l’acteur Landry Gnamba, et l’acteur et réalisateur Ray Reboul.
Plusieurs célébrités feront également quelques apparitions comme la star du Coupé-Décalé Safarel Obiang, la rappeuse Nash et la chanteuse Bamba Ami Sara.

Bref, tout a été mis en place par une équipe talentueuse venue de toute l’Afrique pour allier l’utile et l’agréable. Tout au long de cette première saison, les téléspectateurs apprécieront les hits de divers chanteurs ivoiriens et africains tels que Serge Beynaud, Locko, Kiff No Beat et bien
d’autres. MTV shuga à Babi on dit Ouiii.

Vous pouvez suivre les nouveautés et conseils sur le site https://www.mtvshuga.com/babi/ et n’oubliez pas de vous abonner sur les comptes de votre série préférée; Facebook/ https://web.facebook.com/mtvshugababi/ ; Instagram/ https://www.instagram.com/mtvshuga_babi/

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Droits sexuels des jeunes, état des lieux d’une réalité occultée

visite AIBEF

Si avoir un enfant est pour certain.e.s le bonheur le plus absolu, pour d’autres par contre, c’est le début du cauchemar, la descente aux enfers, l’enfant trop tôt/trop tard ou celui de trop. Et pourtant la honte, la gêne et l’inconfort que peut engendrer une grossesse indésirée peuvent être évités grâce à la planification familiale et aux méthodes de contraception. Mais il existe en Côte d’Ivoire des difficultés liées à l’accès tant à la planification familiale qu’aux méthodes de contraception. Le sexe et l’éducation sexuelle restent tabous, ce qui entraîne un manque d’informations à ce niveau pour les jeunes et les adolescents surtout. Trop souvent hélas,le personnel de santé peine à se départir de ses considérations socio culturelles, ce qui évidemment éloigne les (jeunes) demandeurs. Même s’il existe des prestataires plus professionnels et consciencieux . Un fait est par ailleurs indéniable, les femmes et les filles restent les victimes directes du fait que dans notre pays une vraie politique de Santé sexuelle et reproductive n’existe pas.

Tant que l’éducation sexuelle restera un tabou…

La famille est la première cellule de la société, c’est le premier lieu de socialisation de l’individu, mais c’est aussi celui où bien malheureusement l’éducation sexuelle est tue. Le résultat est bien visible les jeunes et les adolescents sont les plus touchés par le phénomène des grossesses précoces et des infections sexuellement transmissibles. Il est difficile pour un jeune homme ou une jeune fille de faire face à des pulsions quand il n’a personne à qui se confier.

Les prestataires de santé, alliés/ennemis des jeunes.

Grâce à la formation (en droit de la santé sexuelle et reproductive) que nous a dispensée Engenderhealth, nous avons pu effectuer la visite de centres de santé qui traitent de ces questions. Il s’agissait du Médico scolaire de Marcory (quartier d’Abidjan), de la PMI de Marcory et de la clinique de l’AIBEF (Association Ivoirienne pour le Bien être familial). Et le constat est le même partout. Les jeunes sont très rapidement sexuellement actifs (10 ans , 12 ans; la moyenne du premier rapport est 15 ans);et se rendent (pour ceux qui ont l’information) dans ces endroits pour pouvoir se prémunir de tout ce qui les mettra à l’abri de mauvaises surprises. Bien souvent à l’insu de leurs parents.

De ce fait l’accueil qui leur est réservé est déterminant. S’ils sont pris en charge dans le respect de leurs droits, c’est un atout majeur. Ils reviennent et bénéficient de conseils avisés. Mais s’ils sont refoulés, c’est à juste titre qu’ils mèneront leurs vies sexuelles dans l’ignorance nonobstant les risques.

Les femmes et les filles 1 ères victimes d’une politique insuffisante en matière de santé sexuelle et reproductive en Côte d’Ivoire

En côte d’Ivoire, il n’existe pas de lois écrite par elle sur les Droits sexuels et reproductifs. Il faut pour pouvoir répondre efficacement aux besoins de planifications familiales de la population que l’Etat puisse y octroyer une ligne budgétaire sécurisée par une destination budgétaire. Car la mortalité maternelle reste très élevée chez les femmes, particulièrement chez les adolescentes. En outre plus de 60% des filles en Côte d’Ivoire ont eu recours à un avortement surement clandestin et donc à risques. Par rapport aux hommes, elles sont plus infectées par le VIH/Sida et les IST.

Les femmes et les filles sont tributaires des pesanteurs du genre qui les exposent de plus en plus tôt à des comportements sexuels à risques. Elles en paient le lourd tribu. Se trouvent déscolarisées, stigmatisées ou même en meurent .

Aujourd’hui, il faut que l’on s’engage vraiment à amplifier les voix des femmes et des filles ivoiriennes pour une meilleure santé sexuelle et reproductive. Il faut que l’on puisse promouvoir et défendre leurs droits de disposer d’elles mêmes pour une meilleure marche de notre société.

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La planification familiale et ses bénéfices pour les femmes et les filles

Planning familial

Selon le Rapport de 2016 sur le Développement Humain en Afrique,
les disparités entre les genres coûtent environ 95 milliards de dollars
US par an en moyenne à l’Afrique subsaharienne. Ces coûts ont
culminé en 2014 en atteignant 105 milliards de dollars US de pertes
économiques, soit environ 6 % du PIB régional, ralentissant de ce fait,
les progrès enregistrés dans le continent en matière de développement
humain durable. La planification familiale est  centrale dans l’atteinte de l’égalité entre les sexes et constitue également un facteur clé dans le développement et la réduction de la pauvreté. En cette matière, la gestion de la démographie reste un facteur clé qui ne saurait être détachée d’avec une gestion efficace de la santé sexuelle et reproductive de chaque femme dans ces pays (notamment par la planification familiale). En effet, l’accès à la santé et au contrôle des fonctions de reproduction est pour les femmes un droit et pour les Etats un devoir reconnu par plusieurs instruments internationaux notamment le Protocole additionnel de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatifs aux droits de la femme. Si la planification familiale a été pendant des années beaucoup promue en Côte d’Ivoire, elle semble ne plus être d’actualité ce qui est pour le moins une grande erreur. Nous commencerons notre série d’analyses par la définir, puis à en montrer les bénéfices autant pour la femme que pour la jeune fille.

La planification familiale, notion et définition.

L’UNFPA (le Fonds des Nations Unies pour la Population), définit la planification familiale, ou le planning familial, comme étant ” un ensemble des moyens permettant  d’éviter les grossesses non-désirées ;   de choisir  le nombre d’enfants désirés ainsi que les moments de leurs naissances ; d’espacer les naissances en respectant  l’intervalle de temps  convenable pour la santé de la mère et de l’enfant ; de programmer les naissances au meilleur moment quant à l’âge de la mère.”

La planification familiale fait partie du grand ensemble des Droits sexuels et reproductifs reconnus et protégés par les instruments internationaux notamment le protocole additionnel de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples relatifs aux Droits de la Femme. Et est par la Proclamation Téhéran de 1968 devenue un droit laissé à la libre appréciation des couples et non un « contrôle de la population » imposé par l’État. La planification familiale donne le droit aux femmes d’exercer un contrôle sur leur fécondité; le droit de décider de leur maternité, du nombre d’enfants et de l’espacement des naissances ; le libre choix des méthodes de contraception.

La contraception vise à éviter, de façon réversible et temporaire, la fécondation d’un ovule par un spermatozoïde ou, s’il y a fécondation, la nidation de l’œuf fécondé.Il existe des méthodes réversibles courantes comme la pilule, l’injectable, le stérilet et le préservatif.

La Planification Familiale: une garantie à l’autonomisation de la femme.

Par le contrôle de sa sexualité et de sa procréation, la femme dispose de l’avantage de déterminer ses opportunités économiques, du reste de sa carrière et gagne en autonomie. En effet, plus une femme a des diplômes, plus elle est soucieuse ou du moment où elle devient une mère ou du nombre d’enfants qu’elle aura. Dans Revue Humanisme et entreprise de 1964, Pierette SARTIN écrit ceci: «  personne ne songera à nier aujourd’hui que la vie des femmes qui cumulent une activité professionnelle aux horaires extrêmement lourds, aux cadences rapides, et une vie familiale (…)avec un budget modeste, la charge des enfants et du ménage, l’impossibilité de se faire aider ne soit trop souvent un enfer » . Ce qui était une réalité dans les années 1960 l’est encore hélas aujourd’hui. La vie professionnelle des femmes reste liée et dépendante de celle privée -voire intime- et concevoir impacte fortement le rendement professionnelle de celles-ci. D’ailleurs, c’est l’une des principales causes de discriminations au niveau de l’emploi entre les hommes et les femmes.

La maternité est aussi un frein pour les adolescentes surtout celles qui sont encore en situation d’apprentissage scolaire ou technique. Car trop malheureusement le constat est souvent le même, les filles mères se retrouvent prises au piège -parfois avec le père- d’une ignorance nourrie par le cercle familial et scolaire du tabou que représente une éducation sexuelle. Mais à la différence des garçons qui peuvent se désengager d’une grossesse et qui ne s’en retrouvent pas handicapés, elles se voient retardées dans leurs études quand ce n’est pas l’arrêt définitif ou la répudiation. Alors toujours dans la clandestinité, avec la peur du courroux familial et sans grandes précautions de sécurité ou d’hygiène, les avortements clandestins deviennent LA solution.

En outre, plus les adolescentes ont leurs premières relations sexuelles tôt, plus elles ont de risque de développer un cancer du col de l’utérus, montre une étude du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Les adolescentes qui ont leurs premières relations sexuelles très jeunes doublent leur risque de développer un cancer du col de l’utérus, montre une étude internationale menée auprès de 20 000 femmes. Cette étude menée auprès de 20 000 femmes montre plutôt qu’une vie sexuelle précoce et active modifierait le potentiel cancérigène de l’infection.

L’âge auquel une femme a son premier bébé est également un élément de risque. Le détail de ces travaux sont publiés dans le British Journal of Cancer. Alors loin de prôner une liberté sexuelle sans règles aucune, la santé sexuelle permet d’aider les adolescentes à adopter une attitude sexuelle plus responsable.


Le cancer du col de l’utérus tue 240 000 femmes par an dans le monde

Ce petit rappel sur la notion de planification familiale permet de poser le cadre sur le fait qu’il faille pour les femmes et les filles en maîtriser tous les contours mais surtout avoir accès aux méthodes de contraceptions saines pour elles. Malheureusement ce n’est pas toujours le cas tant l’éducation sexuelle reste loin de leurs portées et la gestion de la fécondité un grand tabou.

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